Des doutes?

Il s'en est passé des choses en deux mois... Des sourires, du plaisir, des drames, des larmes, de l'énervement, de la colère, de la jalousie... Je pourrais ne garder que les bons moments mais ce ne serait pas très honnête, si?

Je n'ai pas refumé, c'est déjà ça. Mais j'y ai pensé. On n'a pas passé une nuit loin l'un de l'autre, même si ça aurait pu arriver. Personne n'a été malhonnête ni n'a trompé, malgré les doutes qu'il y a pu avoir. Surtout de son côté... Une mauvaise passe sans doute, qui l'a obligée à aller fouiller dans des vieux sms, des conversations sur Facebook et à les interpréter de la manière la plus pessimiste possible. Trahie, déçue, elle a eu des déceptions comme j'ai pu en avoir. Mais faire ça, c'est faire naître le doute en moi alors que je n'en ai jamais eu à son égard. Car ça fait remonter de vieux souvenirs pourris, aussi. De celles qui doutaient de moi de façon maladive alors que c'étaient d'elles dont j'aurais dû me méfier.

Mais même si je peux comprendre la tentation de fouiller ou de mal interpréter, je ne lui ai donné aucune raison de le faire. Gueuler, ça a gueulé. Elle préfère mordre que d'être blessée. Et elle sait y faire pour appuyer où ça fait mal, sur les faiblesses. Comme me dire que je suis moche, qu'elle ne m'aime pas. Elle s'est fait du mal toute seule et m'en a fait par ricochet.

D'un autre côté, je suis rentré quelques fois un peu plus qu'entamé et cela a sans doute fait remonter des choses dont elle sait parfaitement qu'elle ne veut plus. Peut-être qu'on a exorcisé nos vieux démons parce qu'on en avait besoin, pour avoir confiance, s'abandonner et avancer presque les yeux fermés. Parce qu'on s'entend et on se complète bien. On sait tous les deux qu on doit d'abord être le premier responsable de notre propre bonheur mais il faut sans doute aussi pouvoir créer le contraire d'un climat anxiogène pour l'autre afin qu'il puisse ne jamais douter et donner le meilleur de lui-même. On est compatibles, pas de doute. Mais on a des caractères forts et des angoisses qu'on ne veut plus revivre. Et parfois, peut-être, savoir faire des choses "pour soi"...

Elle m'a frappé, j'ai déchiré des photos à elle. Mais nous avons aussi passé un bon moment en allant garder mes poulettes ou en recevant ses amis... Tout n'est pas tout rose mais on s'en sort bien à chaque fois. Et on a plein de projets...

Andare a Roma con te

Une fameuse aventure, encore! Je ne devais pas tout planifier au point de le verrouiller, mais je devais quand même tout prévoir... Et j'ai passé du temps à le faire. Pour finalement, changer tous les plans... Pourtant, j'ai résisté un moment. Mais je n'étais pas sûr de tout, non plus. Elle m'a parlé de prendre un taxi pour aller à l'aéroport alors que j'avais réserver le parking... Et puis, comment on serait revenus de Zaventem? Parce que, oui, on partait de Charleroi pour aller à Ciampino. Mais, pour gagner une journée sur place, j'avais prévu de repartir de l'autre aéroport, Fiumicino, pour rentrer à Zaventem. Je m'étais arrangé avec mon père pour qu'il vienne nous rechercher pour nous ramener à ma voiture.

Ce n'est qu'un détail, il y a eu bien d'autres questions et j'ai presque dû me fermer, rester hermétique, imperméable à ces perturbations possibles. Finalement, elle a fait une valise légère. Nous sommes arrivés à l'aéroport, nous avons déjeuné tôt et nous voilà partis. J'ai potassé le guide du routard sur le trajet, j'ai affiné mon programme...

Comme je n'étais pas sûr qu'on puisse déposer nos bagages à l'hôtel, qui n'est pas si loin de l'aéroport, je renonce à prendre un taxi et on prend un bus pour rejoindre la gare de Termini. On n'a pas trouvé de toilettes pour se changer alors on est entrés, avec nos bagages, dans un magasin de vêtements pour alléger nos tenues après un passage dans une cabine d'essayage. On a voulu mettre nos bagages à la consigne, ensuite, mais il y avait un monde de fou! Deux cents personnes devant nous et une file qui n'avance pas... J'ai craqué et on a finalement pris un taxi pour aller à l'hôtel. On perd un temps précieux, on était censés faire le Colisée, le Forum et la fontaine de Trevi... Dans le taxi, je sens qu'elle est énervée. Et là, je manque de m'énerver parce que je fais tout pour qu'on soit bien et j'ai l'impression de subir les conséquences des aléas. On n'est pas bien sûrs de pouvoir revenir dans le centre facilement et puis, finalement, on a fait le check in rapidement, on a fraudé le bus, on a pris un ticket de métro et nous voici à San Giovani in Laterano, l'un des points où on peut retirer nos pass, qui doivent nous permettre de circuler librement avec les transports en commun.

Évidemment, le point de retrait était fermé entre midi et quatorze heures. Pas grave, on va aller manger un petit bout en se fiant au guide du routard. Évidemment, c'était trop loin à son goût, il fallait marcher... Mais je lui ai tout de même rappelé qu'on était à Rome pour se promener. Elle n'a pas voulu attendre les vingt minutes nécessaires pour obtenir une table dans le restaurant que j'avais repéré alors nous sommes allés presque juste à côté. Elle avait mal à la tête et j'ai vite demandé de l'eau. Puis une table s'est libérée dehors et j'ai demandé si on pouvait s'y installer. C'était charmant et la nourriture était juste délicieuse. J'ai pleinement profité de ce premier bon moment, elle retrouvait le sourire.

Ce fut de courte durée car le point de retrait de San Giovani était tout simplement fermé le dimanche, en fait. Et notre ticket de métro n'était plus valable. Nous en avons donc repris un nouveau pour traverser la ville et rejoindre le Vatican, même si les musées étaient aussi fermés ce jour-là: c'était le seul autre point de retrait pour nos pass. Entre le taxi, le bus et le métro, on avait l'impression de perdre notre temps alors qu'il faisait si beau. Nous avons réservé la visite pour le lendemain et puis nous sommes allés au Castel Sant'Angelo car nous avons tout de même eu une bonnes surprise: le Colisée et le Forum ne formant qu'une seule visite, on pouvait visiter le château gratuitement avec notre pass.

Nous avons pris une leçon d'Histoire tout en profitant de la vue imprenable qu'offrait la plus haute plateforme sur la ville éternelle. Elle n'avait cependant pas trop envie d'immortaliser ces instants, chose que je voulais faire. Qu'à cela ne tienne: j'ai pris des photos à la sauvette et quelques selfies! Puis nous avons longé le Tibre en amoureux, nous avons goûté une "Grattachecca", on est passés par la piazza di Spagna et nous avons fait un tour dans les jardins de la villa Borghese dont le panorama était également somptueux. On a hésité pour le resto du soir et le choix fut moins heureux que le midi: un plat de pâtes censé servir d'entrée, à peine parsemé de truffe pour moi... Pour une note à la limite de l'honnêteté. Le routard nous a tout de même fourni un conseil précieux et nous sommes allés dans une boutique où nous avons pu goûter tout un assortiment de liqueurs. Nous en avons d'ailleurs acheté en prenant soin de ne pas dépasser les 100ml par bouteille autorisés dans nos bagages. Et puis de la tartuffata qui semblait bien meilleure que celle qu'on pouvait acheter en Belgique! Le soir était tombé et nous sommes rentrés à l'hôtel en métro et puis en bus, qui nous a déposé un peu loin mais c'était encore une aventure assez drôle. On a bu une de nos petites bouteilles et nous sommes allés coucher après avoir pris une douche sans beaucoup de pression. Le sommeil n'a pas tardé à se manifester, après la journée qu'on venait de passer.

Le lendemain, nous avons déjeuné tôt et nous sommes partis habillés dignement pour aller visiter les saints lieux, avec une tenue de rechange dans un sac à dos. Elle tenait absolument à visiter le Vatican qui avait manqué à sa visite de Rome, quand elle y était venue sans moi. Nous sommes arrivés bien à l'heure mais le tour de la basilique Saint-Pierre fut relativement vite fait. C'était impressionnant, je voulais absolument une photo de quand je prenais de l'eau bénite et puis... Voilà, quoi. On est allés acheter quelques petites babioles, un bracelet pour ma filleule, des aimants. On aurait voulu boire un verre mais ça prenait trop de temps et nous voilà partis pour la visite des musées. Encore une fois, nous avons été fouillés et nous n'avons franchement pu que nous féliciter d'avoir pris un coupe-file en voyant tous ces gens qui attendaient dehors. Du monde, du monde, du monde... Au point que ça en soit désagréable. On a visité au petit trot et très vite, elle a voulu aller à la toilette et... Elle en a eu marre! J'ai tout de même tenu à voir La Chapelle Sixtine, j'étais venu pour ça, personnellement. Et j'ai été un peu déçu... On ne pouvait pas prendre de photos et on s'est fait expédier dans le fond par les carabinieri sans avoir vraiment le temps d'en profiter. Comme elle avait l'impression d'être déjà passée par là en enchaînant les appartements Borgia et les chambres de Rafael, on n'a pas fait long feu. Dix heures d'audioguide... On a fait le tour en une heure. Trop de monde, trop d'œuvres entassées les unes sur les autres, trop de monde, trop de choses à voir et... Trop de monde. J'étais un peu énervé!

Alors, on est allés à Arancine Mondo, où elle a pris de la pizza à la découpe pendant que je choisissais des arancini et une salade. On a mangé comme des rois! Et il nous restait du temps... On a pris le bus, pour changer, pour nous rendre au Colisée. À voir assurément. Mais on avait tellement regardé de reportages qu'on avait l'impression de le connaître par cœur. Une fois qu'on l'a vu de tout en haut, on avait l'impression d'en avoir fait le tour. Le Foro Romano, juste à côté, nous a bien plu. On s'est imaginé à quoi ça pouvait ressembler à travers les époques et on s'est bien retrouvés. Ensuite, une bouteille de blanc plus tard, nous voici à la fontaine de Trevi. Un homme a voulu nous prendre en photo mais cela ne lui plaisait pas. Il voulait nous vendre des clichés sur Polaroïd et nos échanges sont vite devenus désagréables. Par contre, il en avait pris de très bonnes avec mon Gsm! On est allés voir le Panthéon, très vite aussi car les visites fermaient. Mais on l'avait vu tellement de fois à la télévision qu'on savait que tout son intérêt tenait dans sa coupole, une prouesse architecturale pour l'époque. Après quoi nous avons trouvé une petite cantine terrible: la Sacrestia. Les antipasti et les saltimbocca alla romana m'ont personnellement ravi! Nous avons ensuite encore été acheter quelques petites babioles et une petite bouteille de limoncello qu'on a bue en amoureux face à la fontaine, éclairée pour la nuit, puis en allant reprendre le métro... Une journée crevante mais très productive qui se termine encore une fois dans la bonne humeur!

On a pu se lever un peu plus tard le lendemain, pour notre dernier jour. Nous avons débarqué au Cirque Maxime dont on ne voit plus guère que les traces, avant de redescendre lentement vers le Trastevere en passant par le Ponto rotto et l'île Tibérine. Nous avons été faire quelques petites emplettes dans une épicerie locale très sympathique, nous avons bu un verre sur une terrasse charmante et puis nous avons cherché un petit resto renseigné dans le guide. Au départ, nous avons été déçus car ils ne proposaient qu'un menu qui nous a finalement séduits. Nous ne sommes pas partis sans manger une glace près du monument impressionnant à Victor Emmanuel... Et puis, direction Termini pour prendre le train vers Fiumicino. Une fois passés les contrôles, nous avons encore acheté du limoncello, des pâtes et des truffes entières en bocal.

Un séjour court mais bien rentabilisé qui nous laissera probablement pour un bon moment des images plein les yeux, des saveurs plein les papilles et des souvenirs inoubliables pour mon premier voyage en amoureux. Vivement la Sardaigne... Même si, entre-temps, nous allons aller voir Céline Dion en concert et profiter de deux jours aux thermes à Ostende. Il y aura encore la Saint-Pierre et ma mission à Londres et puis on s'envolera à nouveau vers l'Italie, pour en voir un autre bout. Ça promet!

D'Anvers à Ostende, en passant voir Céline

On avait utilisé un de nos bons pour réserver une nuit à Ostende, où on pourrait profiter des thermes. Elle m'avait dit, en voyant une publicité pour le concert de Céline Dion, qu'elle rêverait d'aller la voir. Comme elle était en concert à Anvers, la veille de notre réservation à Ostende, j'ai pris deux billets, pour son anniversaire et on a réservé une nuit à Anvers: j'avais entendu à la radio qu'il y avait des bonnes occasions pour des hôtels de luxe via un magazine. Le petit détail qui a failli tout foutre en l'air: elle se faisait opérer des oreilles quelques jours avant...

Je suis allé la conduire et la rechercher à l'hôpital, elle s'impatientait avant que je n'arrive, pleurant comme une petite fille. Tout s'était bien déroulé, elle ne pouvait simplement normalement pas avoir une seule goutte d'eau dans les oreilles. Hum.

Nous faisons néanmoins nos valises et nous partons pour Anvers. L'hôtel était très sympa mais nous avions envie de profiter un peu de la ville, tant qu'à faire. On regarde les choses à faire: il y avait la maison de Rubens, le zoo, un aquarium et le Groot Markt, avec la statue de Brabo, jetant la main du géant dans l'Escaut. Nous prenons cette dernière option et nous voilà partis... Sous une pluie diluvienne. À peine un aller-retour et nous étions trempés comme des souches, obligés de faire sécher nos chaussettes, nos chaussures, nos pantalons et tout le reste avec le sèche cheveux qui se trouvait dans la salle de bains de la chambre d'hôtel. Et nous voici au moment d'aller voir Céline... Le réceptionniste nous regarde comme des débiles quand nous lui disons que nous allons prendre la voiture dans le parking pour aller jusqu'à la salle de concert. Nous avons compris très vite.... L'hôtel était situé à deux kilomètres et nous avons circule péniblement pour trouver une place de parking environ à... Deux kilomètres de la salle de concert. La pluie nous a donc à nouveau trempés et nous étions, nous semblait il, en retard. Nous avons donc couru jusqu'à l'entrée pour nous rendre compte qu'une immense limousine blanche arrivait au même moment que nous. C'était elle, évidemment.

Convaincus qu'elle ne monterait pas sur scène dans les minutes qui suivraient, nous avons pris le temps d'aller manger un bout... Mais nous n'avons pas traîné non plus. Je n'avais jamais mangé une assiette pitta aussi vite de toute ma vie. En entrant dans le Sport Paleis nous entendons rapidement la voix de Shakira... On se serait trompés de salle? Nous avons vite compris en entrant: c'était Veronic Dicaire, une bonne imitatrice Québecquoise, qui faisait la première partie. Nous n'avions rien loupé...

Je ne suis personnellement pas ce que l'on pourrait appeler un fan inconditionnel de Céline Dion mais il faut reconnaître que c'est assez magique d'entendre une voix pareille. En tout cas, elle était aux anges et ca m'a fait chaud au cœur de voir son sourire ce jour-là: il respirait la sincérité. Elle vivait visiblement un des meilleurs moments de sa vie, ou en tout cas l'un des meilleurs auxquels j'aie assiste car je ne l'avais jamais vue comme ca. Je ne peux que regretter d'avoir un peu gâché le moment quand, en effaçant de vieilles photos pour faire de la place dans mon téléphone et immortaliser ce moment, elle a vu passer une vieille photo qu'elle n'aurait jamais dû voir.

Le lendemain, nous sommes allés nous promener un bon moment dans Anvers, il faisait encore un peu gris mais au moins, il ne pleuvait plus. Puis, nous nous sommes décidés à partir pour Ostende même si, à priori, on arriverait trop tôt pour le Check in. Finalement, nous avons bien fait car nous avons pu nous enregistrer directement et aller profiter des installations thermales. Là, c'était moi qui me faisais plaisir, même si je crois qu'elle a apprécié aussi. J'adore l'eau! Jacuzzi, sauna, hammam, grotte de sel, siège à rayonnement de je ne sais plus quoi... Tout y est passé! Elle avait voulu faire une sieste juste avant et j'en avais profité pour aller chercher du mousseux brut et quelques chips, histoire de prendre l'apéro sur la plage... Chose que nous avons faite avant d'aller manger un morceau dans l'un des restaurants les plus recommandés de la ville, en terrasse comme le soleil nous gratifiait de quelques rayons.

Le lendemain, il faisait un peu plus gris et nous avons fait quelques boutiques. On a cherché un restaurant qui lui conviendrait pendant un peu plus de quarante minutes et quand, finalement, nous tombons sur le plat qu'elle voulait à la carte... Elle a hésité avant de renoncer. J'étais à bout de patience et je commençais à mourir de faim. On a fini par trouver un truc sympa sur la place où nous avons très bien mangé et nous avons encore profité un peu du soleil, presqu'allongés au bord de la plage avant de reprendre tout doucement la route.... Sur laquelle nous avons cru mourir de chaud, dans les bouchons, à quelques kilomètres de la maison. Mais nous n'avons pas raté le match des Diables Rouges qui avait lieu ce jour-là... Ouf!

La Saint-Pierre, on en parle?

J'hésite! Elle retournait fouiller dans mes conversations, la tension montait avec une évidence implacable, comme si elle stressait que je ne fasse une bêtise pendant ces trois jours sacrés. Que je boive un verre, c'était admis. Mais elle ne se met pas dans la tête que je l'aime et que je ne la tromperais jamais, pour un tas de raisons. Parce que je n'ai pas envie de gâcher notre histoire et que je m'en voudrais trop si je faisais ça, par exemple.

Elle avait dit qu'elle me laisserait tranquille pendant trois jours et... En fait, je l'ai vue tous les jours. Ce qui ne m'a pas dérangé en soi... Le premier jour, elle m'a rejoint au chapiteau alors que j'avais momentanément perdu les autres. Au bout d'un verre et de quelques minutes, elle a dit que c'était nul et a tenu à me raccompagner en voiture chez mon père, où je dormais, alors qu'il habite à quatre cents mètres. Ma soirée s'est trouvée fort écourtée mais soit.

Le lendemain, elle a fini par venir manger chez mon père le midi alors qu'elle avait refusé toutes ses invitations. Ce qui n'était pas un problème non plus. Par contre, le soir, sur la place... Je dois bien avouer que j'ai de gros trous de mémoire mais je me rappelle d'avoir eu la sensation d'être observé par elle, de m'être énervé, de lui avoir lancé mon gobelet de bière... Et d'avoir pris un fameux coup de poing en pleine face par un mec qui se trouvait sur le trajet dudit gobelet.

Le troisième jour, il était prévu qu'elle prenne le repas avec nous et elle est venue. Je l'ai raccompagnée vers sa voiture, en faisant un arrêt chez mon père. Nous avons longuement parlé à cœur ouvert, nous nous sommes réconciliés sur l'oreiller et puis j'ai rattrapé les autres qui avaient démarré depuis longtemps alors qu'elle rentrait chez nous.

Le lendemain, je suis allé la retrouver à son travail car elle me manquait... J'espère juste que les choses seront mieux établies l'année prochaine. Qu'elle me fera vraiment confiance. Qu'elle viendra en s'intégrant ou à des moments choisis, voire pas du tout mais que cela ne fera plus la moindre histoire. D'autant qu'elle était encore allée voir mes conversations privées après ça... Et qu'elle n'avait pas eu l'air d'avoir apprécié la version que j'avais faite à un ami de longue date qui marche avec moi. Chapitre clos... Vite la Sardaigne!

La Sardaigne, une semaine de rêve pour nos un an

Il était une fois, deux étranges personnes qui décidaient de partir en vacances pour y découvrir le beau  pays de Sardaigne (c'était une phrase d'introduction de sa main).

C'était surtout l'histoire de deux fous qui avaient envie de vacances qu'ils n'oublieraient jamais, de paysages de rêves, d'une plage privée, d'une piscine, de visites, de promenades et de tourisme culinaire. On a étudié la chose, les vols, les hôtels, ce qu'il y avait à faire, la gastronomie et les produits locaux. J'en avais les larmes aux yeux rien qu'à l'idée: les plus belles vacances de toute ma vie et en amoureux, en plus. On a regardé des heures de reportages, on a décompté les jours avec l'envie furieuse de partir loin du ciel gris de Belgique, malgré qu'on soit à la fin du mois de juillet. On a traîné pour faire nos valises, réserver le taxi. Le reste était prévu, les vols, l'hôtel et aller mettre Kenzo-le-pisseur chez Papy Florennes.

Puis, le jour est arrivé, enfin... Le temps m'a semblé long puisqu'on décollait en fin d'après-midi. Je devenais nerveux, vraiment, je m'efforçais péniblement de rester calme même si je sentais qu'elle tenait difficilement aussi. Le taxi en retard, se faire contrôler comme des terroristes en arrivant à l'aéroport, stresser pour passer l'enregistrement des bagages... Et puis tomber sur son amie miraculeuse qui a fait disparaître tout ce prétendu retard en quelques minutes, en enregistrant elle-même nos bagages et en nous mettant dans une file prioritaire. D'autant que le départ était retardé de vingt minutes. On a fait les magasins dans le free tax, j'ai bu une bière pendant qu'elle s'achetait un livre-magazine parodique et nous avons croise une de mes collègues. Déjà quand on était revenus de Rome... Décidément, à chaque fois qu'on prend l'avion!

Le vol est passé assez vite, j'ai fini par lire un truc ennuyeux après avoir fait les révisions d'italien et elle s'était endormie après avoir ri quelques fois en lisant son magazine. Après avoir récupéré nos bagages et fumé la cigarette qu'on attendait depuis un moment, nous sommes allés récupérer la voiture que j'avais louée. Comme je n'avais jamais fait ca, j'ai été quelque peu surpris de devoir déposer une caution de deux mille euros et de devoir signer un "état des lieux" sans même avoir vu la voiture. De plus, le modèle que j'avais réservé n'était plus disponible, le GPS n'était pas inclus dans la location et j'ai dû préciser trois fois que je ne voulais pas d'assurance supplémentaire puisque j'en avais pris une qui couvrait absolument tout. Après avoir cherché sur le parking de l'aéroport en actionnant la clef électronique, j'ai été très déçu de voir que nous avions reçu une "poubelle". Griffée, pas de climatisation, essence... Et rien dans le bide! 

Nous chargeons les valises et nous voici donc partis en direction de l'hôtel, en sachant plus ou moins quelle direction suivre. Dans le noir, avec une voiture que je ne connaissais pas, sans connaître la route. Et miracle... Nous sommes tombés sur l'hôtel du premier coup!

On semblait nous attendre pour l'enregistrement qui a été fait rapidement. Contrairement à ce que j'avais eu peur de comprendre, la "carte club", nous permettant de jouir des animations, de deux transats et de un parasol sur la plage privée, etc. était bien inclue dans la réservation. Nous nous installons et nous repartons presque directement pour une nouvelle aventure: aller prendre nos marques à Alghero, la ville voisine. Ce ne fut pas très compliqué d'y arriver en suivant les panneaux de direction, en fait. Par contre, nous ne comprenions rien à ceux qui réglementaient le parking et nous nous sommes probablement garés de manière illicite. Nous nous sommes promenés sur la digue qui était assez animée et nous avons dégusté un petit verre... De Vermentino, pour moi, évidemment: l'un de mes vins blancs préférés qui est un produit local, en Sardaigne. On finit par trouver une petite bouteille d'eau pour avoir quelque chose à boire sur la table de nuit, on rentre à l'hôtel à plus de minuit, nous étions donc le jour de son anniversaire... et on se couche en attendant de pouvoir admirer la vue, le lendemain matin.

Et quelle vue! On n'a pas été déçus. J'avais presqu'envie de pleurer. Des palmiers dans le jardin avec la mer derrière et la piscine entre les deux. Un bonheur de se réveiller là et de fumer la cigarette du matin sur la terrasse en admirant la baie. Après le déjeuner, nous sommes retournés à Alghero pour prendre nos repères. Nous nous sommes pratiquement gares au même endroit, sans prendre la précaution  de mettre un ticket, même si le patron d'une petite échoppe semblait nous dire que c'etait nécessaire: on ne trouvait simplement pas la machine. Et nous voici de retour sur la digue, on commence à chercher un endroit correct pour manger un petit bout, léger, mais il n'y avait que des restaurants qui ressemblaient à des attrapes touristes. Nous avançons donc vers le centre historique, sans vraiment le savoir. On distinguait juste des fortifications, des vieilles pierres. Il faisait très chaud et elle s'était moqué de moi parce que j'avais mis mes baskets. En arrivant dans le "vieux" Alghero, comme on le dirait de Namur, nous tombons directement sous le charme: des petites ruelles pavées, des bottega typiques... Nous nous débrouillons pour trouver un plan après avoir regardé les prix de quelques produits locaux et puis nous nous arrêtons sur la terrasse d'une sandwicherie, à l'ombre. Ensuite, nous parcourons les anciens remparts, parsemés de tourelles et de catapultes qu'elle a appelées "lance-pierre", pour mon plus grand sourire. Jusqu'à ce que ses tongs ne lui occasionnent de belles cloques... En passant, elle avait repéré des escapades en bateau à la découverte des dauphins mais nous nous résignons à rentrer afin qu'elle puisse se soigner. Non sans avoir fait un détour au supermarché, histoire de comparer les prix des produits locaux et de prendre un pack d'eau et une bouteille de limoncello pour le soir, comme on n'en avait pas pris la veille. L'occasion pour moi de voir des bouteilles de Vermentino qui coûtaient le prix d'une bouteille de chez Aldi! J'en ai pris trois, ainsi que deux paquets de biscuits italiens, ce qui a eu pour effet de la faire râler et de déposer deux paquets de pâtes typiques qu'elle avait repérés. Nous avions pourtant prévu de ramener quelques kilos de plus dans nos bagages.

Nous rentrons à l'hôtel, elle se soigne, nous faisons le tour des installations, plage, piscine. Une petite baignade, un peu de repos. Et nous repartons à l'assaut du centre historique! J'essaie de me garer au plus près et quand je trouve enfin une place, le long d'une terrasse de restaurant, le garçon me signale que le stationnement y est interdit, malgré la présence d'autres véhicules. Cela a le don de m'énerver mais il m'indique un parking payant dont les tarifs étaient très modiques par rapport à ceux pratiqués en Belgique. Munis de ses notes et des photos du guide du Routard de la Sardaigne dont nous avons capté les pages qui concernaient Alghero, on cherche une petite trattoria. On trouve même une place en terrasse mais juste devant la porte des cuisines. Cela dit, le moment nous a paru agréable et les plats ont satisfait nos curiosités et nos palais. Nous nous sommes encore promenés dans les ruelles qui étaient très animées le soir, jusqu'à plus de minuit. En rentrant à l'hôtel, je suis allé chercher des glaçons sous prétexte qu'elle faisait une insolation (et parce qu'elle avait dit qu'elle ne boirait avec moi que si j'arrivais à m'en procurer), j'ai servi deux verres et... Elle commençait à s'endormir. Le temps que je fume une cigarette sur la terrasse, elle s'était complètement endormie, sans finir son verre. Bon anniversaire?

Le lendemain, nous étions en pleine forme! J'avais repéré une série de choses à voir en partant en direction opposée à celle de la ville. Une plage, une petite forêt, la réserve naturelle, des grottes... Apres le déjeuner, nous sommes donc partis, mieux équipés que la veille. Pour commencer, nous nous sommes arrêtés à la plage qu'elle avait notée comme "à faire". Néanmoins, il faisait très chaud et nous n'avions ni transat ni parasol, comme à l'hôtel. Ce qui ne nous a pas empêché de bronzer, de nous baigner un peu et de nous amuser à observer les gens, notamment une famille italienne au grand complet. Au bout d'une bonne heure, nous décidons toutefois de poursuivre notre chemin vers la forêt. Nous prenons soin de garer la voiture à l'ombre, nous enfilons nos baskets et, après avoir reçu quelques explications, nous décidons d'entamer l'ascension de une colline: deux kilomètres avec un dénivelé de 350m environ. Une promenade de santé pour nous qui faisons des marches ADEPS , a priori! Ou pas. Les premières centaines de mètres étaient un peu éprouvantes car fort pentures mais au moins, on était souvent à l'ombre. Mais peu à peu, ça devenait moins ombragé et il était plus de midi. Le contenu de notre petite bouteille d'eau semblait s'évaporer rapidement mais nous étions résolus. Finalement, nous avons mis plus d'une heure, nous sommes arrivés au sommet torses nus et trempés de sueur. Mais le paysage était une récompense bien suffisante... Une des plus belles vues qui m'ait jamais été offerte et que je n'ai pu m'empêcher d'immortaliser à plusieurs reprises. Quand nous sommes arrivés en bas, il était plus de 14h, nous entrions dans les heures chaudes et nous sommes rentrés à l'hôtel. J'avais dit que je me contenterais d'une glace pour tout repas et j'ai tenu parole. Après un peu de repos et un passage par la piscine, où j'ai entamé le dernier Coelho qu'elle avait emporté et que je n'avais pas encore lu ("Adultère"), nous sommes retournés à Alghero pour prendre un repas constitué d'antipasti et goûter l'alcool local: le myrto, qui existe en blanc et en rouge, en accompagnant ce digestif de une selection de biscuits sardes. Nous nous sommes encore promenés dans les rues et nous sommes tombés sur le festival de la bière Sarde. J'en ai goûté une, la "Dolmen", pendant que nous écoutions des chants traditionnels et puis nous sommes allés récupérer la voiture... En rentrant à l'hôtel, je suis allé demander une nouvelle fois des glaçons. Le garçon m'a demander "Pourquoi faire?" avec un petit air soupçonneux et pervers, tout en souriant. La barmaid à côté de lui à éclate de rire alors je lui ai rendu son sourire en prétextant simplement qu'il faisait trop chaud. La journée nous avait exténué et nous nous sommes rapidement endormis après ce dernier limoncello.

Le lendemain, j'ai voulu aller courir dans le sable. Mais au bout de quelques centaines de mètres, j'ai dû renoncer car j'avais peur de m'écorcher les pieds. Après le déjeuner, nous sommes allés visiter un village datant de l'âge de pierre avant d'aller voir que nous étions en retard pour aller nager avec les dauphins. Il faut dire que l'automate du parking ne délivrait pas de billet et que nous avons dû renseigner notre plaque et notre heure d'arrivée à un monsieur qui nous a dit de revenir près de lui quand nous voudrions partir. Nous changeons donc nos plans et nous faisons une autre escapade en bateau, vers les grottes de Neptune. L'entrée pour les grottes n'était pas comprise alors, voyant notre déception, le batelier nous a accordé un rabais. Le trajet était un peu long et j'étais irrité... À cause de coups de soleil dûs au fait que je ne m'étais pas protégé. Et aussi du fait que j'ai voulu faire des photos de nous et qu'elle m'a fait un speech de vingt minutes sur l'utilisation de ces photos, qu'elle voulait contrôler... Alors qu'au final, elle en a utilisé pour les envoyer à sa collègue le lendemain. Arrivés sur place, elle me dit qu'elle aurait voulu accéder à la grotte par les escaliers. Elle se demandait ce qu il y avait de différent dans ces grottes, par rapport à celle qu'on trouvait en Belgique... Mais c'était tout de même impressionnant, même si la visite à été courte et ca a été un bon moment. Par contre, en revenant au parking, plus de monsieur! Et en cas de perte de billet, il fallait nous acquitter de la somme de 21€. Je peste, nous essayons de trouver un moyen de joindre un numéro mais sans succès. Même à l'automate, c'était impossible. Nous finissons par nous résoudre à aller faire un tour en ville mais nous errions sans but et nous nous sommes vites résolus à aller payer quand même. En revenant, nous croisons un autre responsable à qui nous expliquons la situation en remerciant Duolingo de nous avoir donné quelques bases. Il finit par nous faire payer 4€ et nous attend pour nous ouvrir la barrière. En retournant à la voiture, nous trouvons un billet sur le pare-brise nous expliquant la marche à suivre... Hum. Sans en dire un mot, nous remercions l'homme qui nous a "sauvés" et nous sommes rentrés nous reposer un peu. Et faire l'amour car nous étions en grève jusque-là, épuisés par l'acclimatation. Qu'importe, nous nous sommes bien rattrapés après! Le soir, nous sommes allés manger dans un bon restaurant qu'elle avait noté pour notre premier anniversaire. Un des meilleurs repas de toute ma vie! Je n'ai pas pu m'empêcher de me faire le plaisir de le baragouiner au chef qui passait dans les tables nous faire goûter un de ses derniers tests culinaires, probablement. Un homme passionné, qui crée ses propres recettes à partir des meilleurs produits locaux, qu'il achète lui-même. Il s'était tout d'abord présenté comme le plongeur... Encore un bon moment de passé! Une nouvelle fois, j'en avais les larmes aux yeux. Nous sommes allés récupérer la voiture que nous avions garée sur une place de parking providentielle... Sauf qu'une nouvelle fois, nous n'avions pas vu qu'il fallait prendre un ticket. Et nous avions une amende, cette fois!

Les jours qui ont suivi, le week-end, nous avons profité de la plage de l'hôtel et de la piscine, en pique-niquant avec du pain sardes et des produits achetés au supermarché, où nous avons aussi acheté du Myrtho pour nous et pour mon père qui gardait le chien. Nous avons aussi essayé une autre plage publique mais il faisait trop chaud pour rester à même le sable et sans parasol, de plus elles étaient noires de monde... Et nous nous sommes renseignes sur la manière et le montant que nous devions payer pour l'amende: on pouvait se rendre à la poste pour effectuer le paiement et si on s'en acquittait dans les cinq jours, on avait droit à une "réduction".

Le lundi, après être passés à la poste, nous sommes allés manger dans une petite trattoria qui était dans le routard et qui nous a positivement surpris aussi. Ensuite de quoi, nous sommes allés à Sassari mais nous n'y avons pas retrouvé le charme d'Alghero, loin de là. Après avoir mangé une glace pour elle et des canole pour moi, nous sommes allés prendre notre dernier souper dans le centre historique d'Alghero. En me garant dans le parking qui était bondé pour la première fois, j'ai accroche une voiture et nous avons craint le pire pour ma caution. Ce dernier repas a eu lieu dans un restaurant bruyant, qui proposait une formule attrayante pour les touristes. Il nous semblait voir de plus en plus d'enfants, même à l'hôtel. Elle m'a dit que les italiens prenaient souvent leurs vacances en août, ce qui expliquait probablement cela. La présence d'espagnols l'a fait parler d'un sujet malheureux dont je ne voulais plus entendre parler. Nous étions à deux doigts de nous disputer... Pour finir, nous avons traîné une dernière fois dans les ruelles, où nous avons pris une bière locale a un distributeur car je ne l'avais pas encore goûtée. Encore une aventure: nous avions besoin d'une carte d'identité italienne pour prouver que nous avions l'âge nécessaire à la machine et nous avons dû demander le concours d'un monsieur dans la rue. Nous sommes allés boire notre verre, déjà nostalgiques, près du rempart le plus proche du restaurant où nous avions fêté nos un an. Je lui ai dit que je l'aimais et que c'était, de loin, le plus beau voyage que j'ai fait en amoureux et même tout court! Ensuite, nous sommes allés nous promener sur un petit marché nocturne où nous avons négocié un bracelet pour moi, de huit euros à trois (le prix que je demandais au début mais qu'il ne voulait pas me faire).

Le dernier jour, après avoir fait notre valise car nous ne voulions pas payer (encore) un joli supplément pour garder la chambre quelques heures de plus, nous avons profité une dernière fois de la piscine. Le Check out nous a valu de constater que, finalement, la carte club n'était pas comprise et que nous devions encore payer, quand même. Nous avons mangé un dernier repas (pas terrible) sur la terrasse de l'hôtel et nous avons fait du pédalo avant de nous diriger vers l'aéroport. On nous a repris la voiture sans discuter (ouf) et nous avons admiré une dernière fois le paysage avant de prendre l'avion. Le vol a été pénible, j'avais mal à la tête et les enfants d'à côté étaient infernaux. Pour achever notre dépression, il pleuvaient quand nous avons atterri et nous avions perdu 15 degrés en deux heures. Nous sommes passés devant les usines qui nous ont fait manquer les pins et les cigales instantanément. Pour couronner le tout, en défaisant nos valises, j'ai constaté que j'avais oublié mon chargeur d'iPad dans la chambre. Fuck!

Mais rien ne peut gâcher les souvenirs de ce voyage qui restera parmi les plus beaux que j'aie faits...

Encore et encore...

À se demander qui va finir par lâcher l'affaire. C'était encore un grand moment, aujourd'hui. On parle tranquillement, à table. Je suis en train de raconter comment j'ai déjà pu me disputer avec des amis que je voyais régulièrement. Et tout au long de mon récit, quand elle disait quelque chose, c'était pour me faire des allusions mal placées à propos d'une fille dont elle a été jalouse. Ou par rapport à laquelle elle est possessive, quelle que soit la différence. Ne pas vraiment m'écouter mais planter des piques inutiles, voilà l'impression que j'ai eu de ce qu'elle a fait en réalité. Le pire, c'est qu'elle ne comprend pas que je puisse en avoir marre car ça fait plus de dix fois en trois mois que ce genre de chose arrive. Même quand on était en Sardaigne... Il a suffi qu'une famille espagnole s'asseoie à deux tables de nous pour que ça commence. Et quand je m'énerve, elle a l'impression que je défends quelqu'un... Elle n'a sans doute pas tort. Mais c'est moi que je défends! Je lui ai déjà dit des dizaines de fois que je ne voulais pas d'une relation basée sur la méfiance et des disputes à répétition à propos de sujets qui n'ont pas lieu d'être. Résultat, on se dispute et elle se barre. En voiture. Avec son Gsm. Sans donner de nouvelles. Pendant près de deux heures...

Je finis par lui envoyer un sms pour lui expliquer que la dernière fois qu'on m'a fait ça, c'était il y a des années, on me trompait. Et tout ce qu'elle trouve à répondre c'est "Tracasse, je suis chez Manou". Comme si je m'attendais à lire "C'est justement ce que je suis en train de faire!". Elle ne croit pas à mes serments, à mon comportement avec elle, alors que je ne l'ai jamais menacée de sortir sans elle, de voir ou de parler à d'autres filles. Alors que je ne fais simplement pas tout ça et qu'elle le sait. Elle ne me fait pas confiance malgré tout ça et moi, je suis censé croire à ces cinq mots comme à une parole d'évangile.

Le pire, c'est que quand elle rentre, elle ne s'excuse pas pour m'avoir fait du mal, elle ne s'excuse pas d'avoir provoqué une dispute pour rien. Non... Elle trouve que son comportement est normal. Que je peux me rassurer, elle ne m'a pas trompé... Avant d'ajouter "aujourd'hui".

Elle me traite de minable, de faible et de tout le reste. On dirait qu'elle cherche à ce que je lui en colle une ou à ce que je m'en aille. Bref, elle me fait encore des reproches et elle va se coucher en vociférant... C'est le monde à l'envers. J'aurais dû lui dire de revenir parce qu'elle me manquait. Non mais c'est une blague... Je suis là, comme un con, dans la cuisine, tout seul à ressasser. Avant ça, je suis resté deux heures à me demander ce qu'elle faisait en me torturant, comme un con, aussi.

Je commence à me demander si je ne devrais pas partir avant que ça ne me détruise. Je commence à me demander si j'ai encore envie d'écrire la suite... Ca fait plusieurs fois qu'elle dit que ça n'arrivera plus, de son côté. Mais je commence à ne plus croire à ces paroles, répétées mais pas appliquées.