Ce n'est qu'un détail, il y a eu bien d'autres questions et j'ai presque dû me fermer, rester hermétique, imperméable à ces perturbations possibles. Finalement, elle a fait une valise légère. Nous sommes arrivés à l'aéroport, nous avons déjeuné tôt et nous voilà partis. J'ai potassé le guide du routard sur le trajet, j'ai affiné mon programme...
Comme je n'étais pas sûr qu'on puisse déposer nos bagages à l'hôtel, qui n'est pas si loin de l'aéroport, je renonce à prendre un taxi et on prend un bus pour rejoindre la gare de Termini. On n'a pas trouvé de toilettes pour se changer alors on est entrés, avec nos bagages, dans un magasin de vêtements pour alléger nos tenues après un passage dans une cabine d'essayage. On a voulu mettre nos bagages à la consigne, ensuite, mais il y avait un monde de fou! Deux cents personnes devant nous et une file qui n'avance pas... J'ai craqué et on a finalement pris un taxi pour aller à l'hôtel. On perd un temps précieux, on était censés faire le Colisée, le Forum et la fontaine de Trevi... Dans le taxi, je sens qu'elle est énervée. Et là, je manque de m'énerver parce que je fais tout pour qu'on soit bien et j'ai l'impression de subir les conséquences des aléas. On n'est pas bien sûrs de pouvoir revenir dans le centre facilement et puis, finalement, on a fait le check in rapidement, on a fraudé le bus, on a pris un ticket de métro et nous voici à San Giovani in Laterano, l'un des points où on peut retirer nos pass, qui doivent nous permettre de circuler librement avec les transports en commun.
Évidemment, le point de retrait était fermé entre midi et quatorze heures. Pas grave, on va aller manger un petit bout en se fiant au guide du routard. Évidemment, c'était trop loin à son goût, il fallait marcher... Mais je lui ai tout de même rappelé qu'on était à Rome pour se promener. Elle n'a pas voulu attendre les vingt minutes nécessaires pour obtenir une table dans le restaurant que j'avais repéré alors nous sommes allés presque juste à côté. Elle avait mal à la tête et j'ai vite demandé de l'eau. Puis une table s'est libérée dehors et j'ai demandé si on pouvait s'y installer. C'était charmant et la nourriture était juste délicieuse. J'ai pleinement profité de ce premier bon moment, elle retrouvait le sourire.
Ce fut de courte durée car le point de retrait de San Giovani était tout simplement fermé le dimanche, en fait. Et notre ticket de métro n'était plus valable. Nous en avons donc repris un nouveau pour traverser la ville et rejoindre le Vatican, même si les musées étaient aussi fermés ce jour-là: c'était le seul autre point de retrait pour nos pass. Entre le taxi, le bus et le métro, on avait l'impression de perdre notre temps alors qu'il faisait si beau. Nous avons réservé la visite pour le lendemain et puis nous sommes allés au Castel Sant'Angelo car nous avons tout de même eu une bonnes surprise: le Colisée et le Forum ne formant qu'une seule visite, on pouvait visiter le château gratuitement avec notre pass.
Nous avons pris une leçon d'Histoire tout en profitant de la vue imprenable qu'offrait la plus haute plateforme sur la ville éternelle. Elle n'avait cependant pas trop envie d'immortaliser ces instants, chose que je voulais faire. Qu'à cela ne tienne: j'ai pris des photos à la sauvette et quelques selfies! Puis nous avons longé le Tibre en amoureux, nous avons goûté une "Grattachecca", on est passés par la piazza di Spagna et nous avons fait un tour dans les jardins de la villa Borghese dont le panorama était également somptueux. On a hésité pour le resto du soir et le choix fut moins heureux que le midi: un plat de pâtes censé servir d'entrée, à peine parsemé de truffe pour moi... Pour une note à la limite de l'honnêteté. Le routard nous a tout de même fourni un conseil précieux et nous sommes allés dans une boutique où nous avons pu goûter tout un assortiment de liqueurs. Nous en avons d'ailleurs acheté en prenant soin de ne pas dépasser les 100ml par bouteille autorisés dans nos bagages. Et puis de la tartuffata qui semblait bien meilleure que celle qu'on pouvait acheter en Belgique! Le soir était tombé et nous sommes rentrés à l'hôtel en métro et puis en bus, qui nous a déposé un peu loin mais c'était encore une aventure assez drôle. On a bu une de nos petites bouteilles et nous sommes allés coucher après avoir pris une douche sans beaucoup de pression. Le sommeil n'a pas tardé à se manifester, après la journée qu'on venait de passer.
Le lendemain, nous avons déjeuné tôt et nous sommes partis habillés dignement pour aller visiter les saints lieux, avec une tenue de rechange dans un sac à dos. Elle tenait absolument à visiter le Vatican qui avait manqué à sa visite de Rome, quand elle y était venue sans moi. Nous sommes arrivés bien à l'heure mais le tour de la basilique Saint-Pierre fut relativement vite fait. C'était impressionnant, je voulais absolument une photo de quand je prenais de l'eau bénite et puis... Voilà, quoi. On est allés acheter quelques petites babioles, un bracelet pour ma filleule, des aimants. On aurait voulu boire un verre mais ça prenait trop de temps et nous voilà partis pour la visite des musées. Encore une fois, nous avons été fouillés et nous n'avons franchement pu que nous féliciter d'avoir pris un coupe-file en voyant tous ces gens qui attendaient dehors. Du monde, du monde, du monde... Au point que ça en soit désagréable. On a visité au petit trot et très vite, elle a voulu aller à la toilette et... Elle en a eu marre! J'ai tout de même tenu à voir La Chapelle Sixtine, j'étais venu pour ça, personnellement. Et j'ai été un peu déçu... On ne pouvait pas prendre de photos et on s'est fait expédier dans le fond par les carabinieri sans avoir vraiment le temps d'en profiter. Comme elle avait l'impression d'être déjà passée par là en enchaînant les appartements Borgia et les chambres de Rafael, on n'a pas fait long feu. Dix heures d'audioguide... On a fait le tour en une heure. Trop de monde, trop d'œuvres entassées les unes sur les autres, trop de monde, trop de choses à voir et... Trop de monde. J'étais un peu énervé!
Alors, on est allés à Arancine Mondo, où elle a pris de la pizza à la découpe pendant que je choisissais des arancini et une salade. On a mangé comme des rois! Et il nous restait du temps... On a pris le bus, pour changer, pour nous rendre au Colisée. À voir assurément. Mais on avait tellement regardé de reportages qu'on avait l'impression de le connaître par cœur. Une fois qu'on l'a vu de tout en haut, on avait l'impression d'en avoir fait le tour. Le Foro Romano, juste à côté, nous a bien plu. On s'est imaginé à quoi ça pouvait ressembler à travers les époques et on s'est bien retrouvés. Ensuite, une bouteille de blanc plus tard, nous voici à la fontaine de Trevi. Un homme a voulu nous prendre en photo mais cela ne lui plaisait pas. Il voulait nous vendre des clichés sur Polaroïd et nos échanges sont vite devenus désagréables. Par contre, il en avait pris de très bonnes avec mon Gsm! On est allés voir le Panthéon, très vite aussi car les visites fermaient. Mais on l'avait vu tellement de fois à la télévision qu'on savait que tout son intérêt tenait dans sa coupole, une prouesse architecturale pour l'époque. Après quoi nous avons trouvé une petite cantine terrible: la Sacrestia. Les antipasti et les saltimbocca alla romana m'ont personnellement ravi! Nous avons ensuite encore été acheter quelques petites babioles et une petite bouteille de limoncello qu'on a bue en amoureux face à la fontaine, éclairée pour la nuit, puis en allant reprendre le métro... Une journée crevante mais très productive qui se termine encore une fois dans la bonne humeur!
On a pu se lever un peu plus tard le lendemain, pour notre dernier jour. Nous avons débarqué au Cirque Maxime dont on ne voit plus guère que les traces, avant de redescendre lentement vers le Trastevere en passant par le Ponto rotto et l'île Tibérine. Nous avons été faire quelques petites emplettes dans une épicerie locale très sympathique, nous avons bu un verre sur une terrasse charmante et puis nous avons cherché un petit resto renseigné dans le guide. Au départ, nous avons été déçus car ils ne proposaient qu'un menu qui nous a finalement séduits. Nous ne sommes pas partis sans manger une glace près du monument impressionnant à Victor Emmanuel... Et puis, direction Termini pour prendre le train vers Fiumicino. Une fois passés les contrôles, nous avons encore acheté du limoncello, des pâtes et des truffes entières en bocal.
Un séjour court mais bien rentabilisé qui nous laissera probablement pour un bon moment des images plein les yeux, des saveurs plein les papilles et des souvenirs inoubliables pour mon premier voyage en amoureux. Vivement la Sardaigne... Même si, entre-temps, nous allons aller voir Céline Dion en concert et profiter de deux jours aux thermes à Ostende. Il y aura encore la Saint-Pierre et ma mission à Londres et puis on s'envolera à nouveau vers l'Italie, pour en voir un autre bout. Ça promet!