C'était surtout l'histoire de deux fous qui avaient envie de vacances qu'ils n'oublieraient jamais, de paysages de rêves, d'une plage privée, d'une piscine, de visites, de promenades et de tourisme culinaire. On a étudié la chose, les vols, les hôtels, ce qu'il y avait à faire, la gastronomie et les produits locaux. J'en avais les larmes aux yeux rien qu'à l'idée: les plus belles vacances de toute ma vie et en amoureux, en plus. On a regardé des heures de reportages, on a décompté les jours avec l'envie furieuse de partir loin du ciel gris de Belgique, malgré qu'on soit à la fin du mois de juillet. On a traîné pour faire nos valises, réserver le taxi. Le reste était prévu, les vols, l'hôtel et aller mettre Kenzo-le-pisseur chez Papy Florennes.
Puis, le jour est arrivé, enfin... Le temps m'a semblé long puisqu'on décollait en fin d'après-midi. Je devenais nerveux, vraiment, je m'efforçais péniblement de rester calme même si je sentais qu'elle tenait difficilement aussi. Le taxi en retard, se faire contrôler comme des terroristes en arrivant à l'aéroport, stresser pour passer l'enregistrement des bagages... Et puis tomber sur son amie miraculeuse qui a fait disparaître tout ce prétendu retard en quelques minutes, en enregistrant elle-même nos bagages et en nous mettant dans une file prioritaire. D'autant que le départ était retardé de vingt minutes. On a fait les magasins dans le free tax, j'ai bu une bière pendant qu'elle s'achetait un livre-magazine parodique et nous avons croise une de mes collègues. Déjà quand on était revenus de Rome... Décidément, à chaque fois qu'on prend l'avion!
Le vol est passé assez vite, j'ai fini par lire un truc ennuyeux après avoir fait les révisions d'italien et elle s'était endormie après avoir ri quelques fois en lisant son magazine. Après avoir récupéré nos bagages et fumé la cigarette qu'on attendait depuis un moment, nous sommes allés récupérer la voiture que j'avais louée. Comme je n'avais jamais fait ca, j'ai été quelque peu surpris de devoir déposer une caution de deux mille euros et de devoir signer un "état des lieux" sans même avoir vu la voiture. De plus, le modèle que j'avais réservé n'était plus disponible, le GPS n'était pas inclus dans la location et j'ai dû préciser trois fois que je ne voulais pas d'assurance supplémentaire puisque j'en avais pris une qui couvrait absolument tout. Après avoir cherché sur le parking de l'aéroport en actionnant la clef électronique, j'ai été très déçu de voir que nous avions reçu une "poubelle". Griffée, pas de climatisation, essence... Et rien dans le bide!
Nous chargeons les valises et nous voici donc partis en direction de l'hôtel, en sachant plus ou moins quelle direction suivre. Dans le noir, avec une voiture que je ne connaissais pas, sans connaître la route. Et miracle... Nous sommes tombés sur l'hôtel du premier coup!
On semblait nous attendre pour l'enregistrement qui a été fait rapidement. Contrairement à ce que j'avais eu peur de comprendre, la "carte club", nous permettant de jouir des animations, de deux transats et de un parasol sur la plage privée, etc. était bien inclue dans la réservation. Nous nous installons et nous repartons presque directement pour une nouvelle aventure: aller prendre nos marques à Alghero, la ville voisine. Ce ne fut pas très compliqué d'y arriver en suivant les panneaux de direction, en fait. Par contre, nous ne comprenions rien à ceux qui réglementaient le parking et nous nous sommes probablement garés de manière illicite. Nous nous sommes promenés sur la digue qui était assez animée et nous avons dégusté un petit verre... De Vermentino, pour moi, évidemment: l'un de mes vins blancs préférés qui est un produit local, en Sardaigne. On finit par trouver une petite bouteille d'eau pour avoir quelque chose à boire sur la table de nuit, on rentre à l'hôtel à plus de minuit, nous étions donc le jour de son anniversaire... et on se couche en attendant de pouvoir admirer la vue, le lendemain matin.
Et quelle vue! On n'a pas été déçus. J'avais presqu'envie de pleurer. Des palmiers dans le jardin avec la mer derrière et la piscine entre les deux. Un bonheur de se réveiller là et de fumer la cigarette du matin sur la terrasse en admirant la baie. Après le déjeuner, nous sommes retournés à Alghero pour prendre nos repères. Nous nous sommes pratiquement gares au même endroit, sans prendre la précaution de mettre un ticket, même si le patron d'une petite échoppe semblait nous dire que c'etait nécessaire: on ne trouvait simplement pas la machine. Et nous voici de retour sur la digue, on commence à chercher un endroit correct pour manger un petit bout, léger, mais il n'y avait que des restaurants qui ressemblaient à des attrapes touristes. Nous avançons donc vers le centre historique, sans vraiment le savoir. On distinguait juste des fortifications, des vieilles pierres. Il faisait très chaud et elle s'était moqué de moi parce que j'avais mis mes baskets. En arrivant dans le "vieux" Alghero, comme on le dirait de Namur, nous tombons directement sous le charme: des petites ruelles pavées, des bottega typiques... Nous nous débrouillons pour trouver un plan après avoir regardé les prix de quelques produits locaux et puis nous nous arrêtons sur la terrasse d'une sandwicherie, à l'ombre. Ensuite, nous parcourons les anciens remparts, parsemés de tourelles et de catapultes qu'elle a appelées "lance-pierre", pour mon plus grand sourire. Jusqu'à ce que ses tongs ne lui occasionnent de belles cloques... En passant, elle avait repéré des escapades en bateau à la découverte des dauphins mais nous nous résignons à rentrer afin qu'elle puisse se soigner. Non sans avoir fait un détour au supermarché, histoire de comparer les prix des produits locaux et de prendre un pack d'eau et une bouteille de limoncello pour le soir, comme on n'en avait pas pris la veille. L'occasion pour moi de voir des bouteilles de Vermentino qui coûtaient le prix d'une bouteille de chez Aldi! J'en ai pris trois, ainsi que deux paquets de biscuits italiens, ce qui a eu pour effet de la faire râler et de déposer deux paquets de pâtes typiques qu'elle avait repérés. Nous avions pourtant prévu de ramener quelques kilos de plus dans nos bagages.
Nous rentrons à l'hôtel, elle se soigne, nous faisons le tour des installations, plage, piscine. Une petite baignade, un peu de repos. Et nous repartons à l'assaut du centre historique! J'essaie de me garer au plus près et quand je trouve enfin une place, le long d'une terrasse de restaurant, le garçon me signale que le stationnement y est interdit, malgré la présence d'autres véhicules. Cela a le don de m'énerver mais il m'indique un parking payant dont les tarifs étaient très modiques par rapport à ceux pratiqués en Belgique. Munis de ses notes et des photos du guide du Routard de la Sardaigne dont nous avons capté les pages qui concernaient Alghero, on cherche une petite trattoria. On trouve même une place en terrasse mais juste devant la porte des cuisines. Cela dit, le moment nous a paru agréable et les plats ont satisfait nos curiosités et nos palais. Nous nous sommes encore promenés dans les ruelles qui étaient très animées le soir, jusqu'à plus de minuit. En rentrant à l'hôtel, je suis allé chercher des glaçons sous prétexte qu'elle faisait une insolation (et parce qu'elle avait dit qu'elle ne boirait avec moi que si j'arrivais à m'en procurer), j'ai servi deux verres et... Elle commençait à s'endormir. Le temps que je fume une cigarette sur la terrasse, elle s'était complètement endormie, sans finir son verre. Bon anniversaire?
Le lendemain, nous étions en pleine forme! J'avais repéré une série de choses à voir en partant en direction opposée à celle de la ville. Une plage, une petite forêt, la réserve naturelle, des grottes... Apres le déjeuner, nous sommes donc partis, mieux équipés que la veille. Pour commencer, nous nous sommes arrêtés à la plage qu'elle avait notée comme "à faire". Néanmoins, il faisait très chaud et nous n'avions ni transat ni parasol, comme à l'hôtel. Ce qui ne nous a pas empêché de bronzer, de nous baigner un peu et de nous amuser à observer les gens, notamment une famille italienne au grand complet. Au bout d'une bonne heure, nous décidons toutefois de poursuivre notre chemin vers la forêt. Nous prenons soin de garer la voiture à l'ombre, nous enfilons nos baskets et, après avoir reçu quelques explications, nous décidons d'entamer l'ascension de une colline: deux kilomètres avec un dénivelé de 350m environ. Une promenade de santé pour nous qui faisons des marches ADEPS , a priori! Ou pas. Les premières centaines de mètres étaient un peu éprouvantes car fort pentures mais au moins, on était souvent à l'ombre. Mais peu à peu, ça devenait moins ombragé et il était plus de midi. Le contenu de notre petite bouteille d'eau semblait s'évaporer rapidement mais nous étions résolus. Finalement, nous avons mis plus d'une heure, nous sommes arrivés au sommet torses nus et trempés de sueur. Mais le paysage était une récompense bien suffisante... Une des plus belles vues qui m'ait jamais été offerte et que je n'ai pu m'empêcher d'immortaliser à plusieurs reprises. Quand nous sommes arrivés en bas, il était plus de 14h, nous entrions dans les heures chaudes et nous sommes rentrés à l'hôtel. J'avais dit que je me contenterais d'une glace pour tout repas et j'ai tenu parole. Après un peu de repos et un passage par la piscine, où j'ai entamé le dernier Coelho qu'elle avait emporté et que je n'avais pas encore lu ("Adultère"), nous sommes retournés à Alghero pour prendre un repas constitué d'antipasti et goûter l'alcool local: le myrto, qui existe en blanc et en rouge, en accompagnant ce digestif de une selection de biscuits sardes. Nous nous sommes encore promenés dans les rues et nous sommes tombés sur le festival de la bière Sarde. J'en ai goûté une, la "Dolmen", pendant que nous écoutions des chants traditionnels et puis nous sommes allés récupérer la voiture... En rentrant à l'hôtel, je suis allé demander une nouvelle fois des glaçons. Le garçon m'a demander "Pourquoi faire?" avec un petit air soupçonneux et pervers, tout en souriant. La barmaid à côté de lui à éclate de rire alors je lui ai rendu son sourire en prétextant simplement qu'il faisait trop chaud. La journée nous avait exténué et nous nous sommes rapidement endormis après ce dernier limoncello.
Le lendemain, j'ai voulu aller courir dans le sable. Mais au bout de quelques centaines de mètres, j'ai dû renoncer car j'avais peur de m'écorcher les pieds. Après le déjeuner, nous sommes allés visiter un village datant de l'âge de pierre avant d'aller voir que nous étions en retard pour aller nager avec les dauphins. Il faut dire que l'automate du parking ne délivrait pas de billet et que nous avons dû renseigner notre plaque et notre heure d'arrivée à un monsieur qui nous a dit de revenir près de lui quand nous voudrions partir. Nous changeons donc nos plans et nous faisons une autre escapade en bateau, vers les grottes de Neptune. L'entrée pour les grottes n'était pas comprise alors, voyant notre déception, le batelier nous a accordé un rabais. Le trajet était un peu long et j'étais irrité... À cause de coups de soleil dûs au fait que je ne m'étais pas protégé. Et aussi du fait que j'ai voulu faire des photos de nous et qu'elle m'a fait un speech de vingt minutes sur l'utilisation de ces photos, qu'elle voulait contrôler... Alors qu'au final, elle en a utilisé pour les envoyer à sa collègue le lendemain. Arrivés sur place, elle me dit qu'elle aurait voulu accéder à la grotte par les escaliers. Elle se demandait ce qu il y avait de différent dans ces grottes, par rapport à celle qu'on trouvait en Belgique... Mais c'était tout de même impressionnant, même si la visite à été courte et ca a été un bon moment. Par contre, en revenant au parking, plus de monsieur! Et en cas de perte de billet, il fallait nous acquitter de la somme de 21€. Je peste, nous essayons de trouver un moyen de joindre un numéro mais sans succès. Même à l'automate, c'était impossible. Nous finissons par nous résoudre à aller faire un tour en ville mais nous errions sans but et nous nous sommes vites résolus à aller payer quand même. En revenant, nous croisons un autre responsable à qui nous expliquons la situation en remerciant Duolingo de nous avoir donné quelques bases. Il finit par nous faire payer 4€ et nous attend pour nous ouvrir la barrière. En retournant à la voiture, nous trouvons un billet sur le pare-brise nous expliquant la marche à suivre... Hum. Sans en dire un mot, nous remercions l'homme qui nous a "sauvés" et nous sommes rentrés nous reposer un peu. Et faire l'amour car nous étions en grève jusque-là, épuisés par l'acclimatation. Qu'importe, nous nous sommes bien rattrapés après! Le soir, nous sommes allés manger dans un bon restaurant qu'elle avait noté pour notre premier anniversaire. Un des meilleurs repas de toute ma vie! Je n'ai pas pu m'empêcher de me faire le plaisir de le baragouiner au chef qui passait dans les tables nous faire goûter un de ses derniers tests culinaires, probablement. Un homme passionné, qui crée ses propres recettes à partir des meilleurs produits locaux, qu'il achète lui-même. Il s'était tout d'abord présenté comme le plongeur... Encore un bon moment de passé! Une nouvelle fois, j'en avais les larmes aux yeux. Nous sommes allés récupérer la voiture que nous avions garée sur une place de parking providentielle... Sauf qu'une nouvelle fois, nous n'avions pas vu qu'il fallait prendre un ticket. Et nous avions une amende, cette fois!
Les jours qui ont suivi, le week-end, nous avons profité de la plage de l'hôtel et de la piscine, en pique-niquant avec du pain sardes et des produits achetés au supermarché, où nous avons aussi acheté du Myrtho pour nous et pour mon père qui gardait le chien. Nous avons aussi essayé une autre plage publique mais il faisait trop chaud pour rester à même le sable et sans parasol, de plus elles étaient noires de monde... Et nous nous sommes renseignes sur la manière et le montant que nous devions payer pour l'amende: on pouvait se rendre à la poste pour effectuer le paiement et si on s'en acquittait dans les cinq jours, on avait droit à une "réduction".
Le lundi, après être passés à la poste, nous sommes allés manger dans une petite trattoria qui était dans le routard et qui nous a positivement surpris aussi. Ensuite de quoi, nous sommes allés à Sassari mais nous n'y avons pas retrouvé le charme d'Alghero, loin de là. Après avoir mangé une glace pour elle et des canole pour moi, nous sommes allés prendre notre dernier souper dans le centre historique d'Alghero. En me garant dans le parking qui était bondé pour la première fois, j'ai accroche une voiture et nous avons craint le pire pour ma caution. Ce dernier repas a eu lieu dans un restaurant bruyant, qui proposait une formule attrayante pour les touristes. Il nous semblait voir de plus en plus d'enfants, même à l'hôtel. Elle m'a dit que les italiens prenaient souvent leurs vacances en août, ce qui expliquait probablement cela. La présence d'espagnols l'a fait parler d'un sujet malheureux dont je ne voulais plus entendre parler. Nous étions à deux doigts de nous disputer... Pour finir, nous avons traîné une dernière fois dans les ruelles, où nous avons pris une bière locale a un distributeur car je ne l'avais pas encore goûtée. Encore une aventure: nous avions besoin d'une carte d'identité italienne pour prouver que nous avions l'âge nécessaire à la machine et nous avons dû demander le concours d'un monsieur dans la rue. Nous sommes allés boire notre verre, déjà nostalgiques, près du rempart le plus proche du restaurant où nous avions fêté nos un an. Je lui ai dit que je l'aimais et que c'était, de loin, le plus beau voyage que j'ai fait en amoureux et même tout court! Ensuite, nous sommes allés nous promener sur un petit marché nocturne où nous avons négocié un bracelet pour moi, de huit euros à trois (le prix que je demandais au début mais qu'il ne voulait pas me faire).
Le dernier jour, après avoir fait notre valise car nous ne voulions pas payer (encore) un joli supplément pour garder la chambre quelques heures de plus, nous avons profité une dernière fois de la piscine. Le Check out nous a valu de constater que, finalement, la carte club n'était pas comprise et que nous devions encore payer, quand même. Nous avons mangé un dernier repas (pas terrible) sur la terrasse de l'hôtel et nous avons fait du pédalo avant de nous diriger vers l'aéroport. On nous a repris la voiture sans discuter (ouf) et nous avons admiré une dernière fois le paysage avant de prendre l'avion. Le vol a été pénible, j'avais mal à la tête et les enfants d'à côté étaient infernaux. Pour achever notre dépression, il pleuvaient quand nous avons atterri et nous avions perdu 15 degrés en deux heures. Nous sommes passés devant les usines qui nous ont fait manquer les pins et les cigales instantanément. Pour couronner le tout, en défaisant nos valises, j'ai constaté que j'avais oublié mon chargeur d'iPad dans la chambre. Fuck!
Mais rien ne peut gâcher les souvenirs de ce voyage qui restera parmi les plus beaux que j'aie faits...