Bonjour!

Cela fait une semaine que la fête est terminée, je suis retourné au travail pendant deux jours qui m'ont semblé longs et pénibles, s'en est suivi un week-end d'évasion mentale durant lequel je suis resté chez moi presque tout le temps. J'avais besoin de repos et de me retrouver. Toujours connecté, je fais le tour de différents sites de rencontres, sans conviction. Je réfléchis beaucoup. Ensuite, je repense à cette petite blonde et je retourne faire le tour de son profil, ses photos. Je finis par me dire que celui qui ne tente rien n'a rien et par cliquer sur le bouton "Ajouter". Après tout, les mariages arrangés ne durent-ils pas plus longtemps que les autres, statistiquement parlant? Je ris intérieurement en me disant que, de toutes manières, il y a de fortes chances pour qu'elle rejette l'invitation puisqu'on ne se connaît pas.

Le lendemain, à ma grande surprise, j'avais une amie de plus sur Facebook. Extrait d'un dialogue entre deux des voix dans ma tête: "Qu'est-ce que je fais? Je lui parle? Ça fait pas un peu précipité? en même temps, si je ne lui parle pas, à quoi ça servait de l'ajouter? Oh allez, arrête de réfléchir, dis-lui quelque chose! Oui, mais quoi? "Bonjour", pour commencer, ce serait pas mal". Je suis du genre à me poser beaucoup de questions pour finir par foncer, tête baissée. Du genre à agir sous la pression.

À nouveau, j'ai été positivement surpris: une conversation agréable avec quelqu'un qui semble mature et qui manie l'ironie avec une certaine habileté. Elle est en couple depuis deux ans et place des barrières de politesse et des distances correctes mais elle m'avoue qu'elle remet certaines choses en question en ce moment et se pose beaucoup de questions. Typiquement le genre de situation que je cherche à éviter! Cependant, elle ne semble pas disposée à discuter de son couple, ce qui est sans doute mieux pour tout le monde. Après tout, ça n'engage à rien de faire connaissance et ces quarante-cinq minutes sont passées à la vitesse de l'éclair. Pourquoi se priver de moments plaisants?

Quelques jours plus tard, une autre conversation. Cinq heures. On s'approche un peu plus, on teste l'humour, on fait vraiment plus ample connaissance. Des petits détails de la vie quotidienne, de l'instant présent: elle suit des cours d'italien et j'adore les langues latines. Elle a l'air déçue de sa situation mais, au moins, je la fais rire. Elle m'a même posé quelques questions sur ma situation personnelle. On a eu un peu de mal à décrocher, même si j'ai eu l'impression de la forcer un peu à ne pas me laisser...

Le week-end a cette fois mis la fête à l'honneur. De piscines en soirées, en passant par des apéros, des marches, un resto... La fatigue s'est à nouveau installée et la discussion a repris avec elle. Elle s'est renseignée pour savoir si j'étais quelqu'un de correct. Elle maintient toujours une distance décente, néanmoins. Elle a dû écrire le mot "amical" cinq fois sur ses sept dernières phrases. Est-ce qu'elle veut éviter que je m'attache pour ne pas avoir la pression de savoir qu'elle a la possibilité de me faire souffrir? Ou est-ce qu'il s'agit d'auto persuasion afin qu'elle ne laisse pas inconsciemment la conversation dériver? Je l'ai encore fait rire, elle rentre vite dans les jeux de rôles. Elle m'a demandé si je m'attachais vite et m'a dit qu'elle aimait bien écrire avec moi, maintenant. Elle a sous-entendu qu'on se verrait probablement un jour mais que nous allions nous contenter d'écrire amicalement pour le moment. J'avoue que je commence à penser un peu à elle. Elle, de son côté, a juste avoué, ce matin, qu'elle avait pensé à un de nos délires, au réveil. On avait évoqué la possibilité de partir loin pour écrire un livre: la suite de mon journal de Bridget Jones à moi (un recueil de mes déboires amoureux que j'ai écrit durant un an et que j'ai perdu dans un crash de disque dur), une histoire qu'on pourrait "écrire à deux", dans le sens métaphorique du terme. On vivrait notre histoire et je l'écrirais. Ce que vous êtes en train de lire en ce moment! Elle m'a suggéré un endroit de rédaction: l'île Harbour, aux Bahamas. Tentant, quand on voit les images...