J'ai très mal dormi, la nuit qui a suivi. Je lui ai même envoyé un message à deux heures du matin, pour voir si elle ne faisait pas d'insomnie, de son côté. Peut-être que je pensais trop à elle. Peut-être que finalement, cette étape m'avait perturbé aussi. Peut-être que, tout simplement, la suite logique aurait été de passer la nuit dans ses bras... Surtout que si elle avait décalé un rendez-vous pour passer la soirée de la veille avec moi, je pouvais raisonnablement imaginer que je ne la verrais pas ce jour. Je me suis donc occupé en conséquence, je suis allé travailler, je me suis occupé de la maison, j'ai fait un peu de sport, et... J'ai compris que sa soirée était finie et qu'elle n'était pas opposée à l'idée de me voir, quand elle m'a dit qu'elle allait chercher des cigarettes et m'a demandé si je voulais quelque chose. Comme la première fois où l'on s'est vus. Mon petit cœur a battu un coup très fort et j'ai filé dans ma douche.
Ça se passe si naturellement, sans rien forcer. J'aime vivre notre histoire qui se construit petit à petit, voir notre complicité se développer, sentir qu'on se rapproche et qu'on commence à se connaître. C'est léger et concret à la fois. Sain et adulte même si c'est une folie.. Car c'est une folie d'aimer quelqu'un, c'est lui donner la possibilité de nous faire du mal, de nous trahir, de nous blesser. Mais il serait encore plus fou de refuser d'aimer et d'ainsi fermer la porte à tout ce que dont on peut rêver. Après tout, la première folie serait de vouloir être raisonnable dans un monde de fou. Surtout quand on sait que les raisonnables auront duré quand les passionnés auront vécu... Et je veux vivre!
Je lui ai encore fait mal. Elle n'a pas aimé et j'étais un peu dépité. L'ambiance s'en est même trouvée quelque peu plombée, j'étais perdu dans mes pensées. Elle a eu l'impression que je baisais au lieu de faire l'amour et elle n'a pas apprécié. Pourtant, même si je peux être un peu fougueux, je suis très tendre. Du moins, j'en ai l'impression. On ne m'a jamais reproché d'être trop sauvage, c'est un peu déstabilisant. Une personne n'est pas l'autre, cela étant dit. Question de réglages, peut-être... Sûrement, même. On a recommencé et ça s'est mieux passé: je l'ai entendue gémir. Je n'arrive pas à lui résister. Elle me regarde, elle approche son visage en passant ses doigts sur ma joue... Et je suis foutu! On s'embrasse, mes mains commencent à se promener, je la regarde avec mes doigts, en fermant les yeux, les siens me font frémir, ... Je ne vais pas entrer plus dans les détails ou faire de dessin mais... Grr!
Je l'entends encore, me demander tout simplement: "Je peux dormir près de toi?". Évidemment, je n'ai pas hésité. Naturellement, j'ai mal dormi. J'ai adoré passer la nuit à la serrer contre moi ou inversement, me réveiller avec son sourire pour décor et ses bisous pour petit-déjeuner. Même si je suis en congé et que le réveil a sonné à 7h30! Elle est partie mais ses yeux ne me quittent pas... On se revoit peut-être après sa journée. Ça ferait 5 soirées d'affilée! A part les jours où elle est allée à la mer, à part le jour où j'ai mangé avec ma filleule et celui où je suis allé à une pendaison de crémaillère, je pense qu'on a passé toutes nos soirées ensemble depuis environ deux semaines. Pour elle aussi, il y a quelque chose entre nous qu'il convient de développer encore. Tant qu'elle est le feu et moi l'oxygène et inversement, tout ira bien. C'est ce qu'elle m'a dit, en tout cas. Je me sens si bien, si léger... Je l'adore! Même si c'est un peut tôt, encore. Trop tôt pour les certitudes mais de bons pressentiments. Des débuts de sentiments, même.