Un magicien

Parfois, je me dis qu'elle est un peu rêche. Et puis, elle a certains élans touchants. Pas très tendre dans ses messages, par exemple. Comme tout à l'heure, en rentrant du minifoot, je lui demande par écrit comment elle va et comment elle a occupé sa soirée... J'ai reçu royalement quatre mots en retour. J'ai essayé d'insister mais j'en ai eu trois de plus et puis c'est tout. Je me suis demandé si elle m'en voulait, si elle dormait à moitié, si elle n'était pas bien. Pour finir, une fois arrivé chez moi, je lui ai simplement souhaité une bonne soirée, en me disant que ça ne servait à rien de se tracasser. Elle m'a écrit les trois mots magiques... Avant de m'appeler, plus tard, réveillée par un cauchemar. Elle m'avait perdu, apparemment, dans son mauvais rêve. Elle voulait sans doute s'assurer que j'étais toujours bien là, du moins c'est ce que j'ai pensé alors je l'ai rassurée à ce sujet. Puis, on a partagé une citation au même moment, sur Facebook. Sans le savoir, sans concertation. En gros, la mienne disait qu'aimer c'était être disponible pour les bons et les moins bons moments tandis que la sienne disait que c'était trop cool d'être apprécié malgré ses défauts. Mignon, non? On pensait l'un à l'autre, au même moment. J'ai tout de même encore essayé de l'endormir ou de l'apaiser en lui chantant des berceuses mais je ne suis pas certain que ça ait fonctionné du tonnerre.

C'est assez cool, pour le moment. On se fait de bons petits plats... Enfin, surtout elle puisque les devants sont généralement pris quand l'idée d'une initiative me vient. Pourtant, on ne alimente plus notre blog culinaire. J'adore quand elle me prépare mon petit sac pour aller travailler. Je ne sais pas si on a déjà été si attentionnée envers moi, en tant qu' amoureuse. Peut-être... Mais je ne l'ai sans doute pas apprécié de la même manière, en tout cas. Et puis il y a ces petits moments de légèreté que j'aime tant, quand on dit des conneries. Quand on invente des choses qui n'appartiendront qu'à nous. Quand on échange nos rêves en les redessinant.

Il y a bien encore eu cette petite dispute qui n'en était pas une mais... Lors de laquelle elle a dit qu'elle avait pensé à me quitter. J'avoue que j'ai dû un peu encaisser cette réalité car, pour la première fois, j'avais vraiment ressenti cette possibilité à travers ses messages. Il fallait qu'on discute... Et je n'avais vraiment aucune idée du sujet de la conversation! Elle a fini par me rassurer en me disant que c'était à propos de ce dont on avait parlé le matin. En fait, je me suis monté le bourrichon parce que je n'avais vraiment pas envie de virer vingt euros de mon compte épargne pour mettre du diesel alors que j'étais censé être payé. Elle a cru que je lui demandais l'aumône! "Lol", j'ai envie de dire. Pas vraiment mon style... Je ne suis pas le champion du calcul de budget et j'ai parfois tendance à me dire "ça va aller" en me faisant plaisir parce que je sais que j'ai connu bien pire... Mais de là à ce que je lui demande un franc alors que je lui ai proposé ce mois-ci de contribuer au... "Ménage", dirons-nous. J'ai presqu'envie de replacer un "lol" mais j'aurais peur de trop insister. Je comprends qu'elle ait pu avoir peur, on a tous connus des profiteurs et elle en a surement fait l'expérience également mais je ne pense pas en faire partie. L'explication a été vite donnée, d'ailleurs. Par contre, je suis resté un moment à me demander si, moi, j'avais déjà envisagé que cela finisse entre nous. Je me rends compte que sans prendre quoi que ce soit pour acquis, je ne voyais pas de nuage noir se profiler à l'horizon et j'étais un peu triste de me sentir obligé de m'interroger sur la nécessité de me tenir sur mes gardes. Qu'est-ce que je peux faire à ce sujet, de toutes façons, maintenant? J'ai un peu peur d'avoir mal à nouveau mais j'ai tellement envie de être naïf, de ne me préoccuper que de faire naître des sourires et vivre la magie. Je voudrais que cette relation soit mon chef d'œuvre, d'utiliser tout ce que la vie m'a enseigné mais naturellement, sous forme de réflexes. De sentir les choses, d'avoir parfois un coup d'avance... Et parfois un coup de retard, pour me laisser surprendre. De ne pas trop me poser de questions, juste assez pour mesurer l'importance de ce qu'on vit. Et d'apprécier au mieux chaque seconde, chaque mot. De vivre, tout simplement. Alors que ma tête ne chatouille pas mon coeur pour le faire rire, il faut se rendre à l'évidence: la raison à probablement perdu la bataille. Ou l'a peut-être gagnée, selon le point de vue. Mais, comme elle le ressent probablement au vu de ce qu'elle a publié sur Facebook, je l'aime telle qu'elle est. Même quand elle m'énerve. Même quand j'ai un peu de peine. Même quand elle change d'avis dix fois pour une décision qui n'a aucune importance stratégique. Même quand elle râle en décidant d'aller se coucher sans moi ou qu'elle sous-entend clairement qu'elle fait tout pendant que je me les gratte, tendance qui reste compliquée à inverser tant qu'on "vit chez elle". Je me disais que j'aurais bien mis les guillemets en gras pour qu'ils soient plus gros mais.... Ce n'est tout de même pas si loin du être ça, comme elle me le faisait remarquer. On apprend vraiment à se connaître mieux. Trois mois, maintenant. Et deux jours, officiellement. Si on a déjà passé la crise, on est vraiment de très bons élèves de l'école de la vie! Je ne doute pas qu'il y aura d'autres moments moins amusants mais si on sait les gérer de la même manière... C'est ce qui me donne confiance en "nous", je crois. On gère, y a pas à redire! Et si c'est si terrible d'avoir quelqu'un qui vous apprécié comme vous êtes et qu'elle en est consciente et que c'est ce que je suis pour elle, entre autres choses, alors il n'y a pas de raison qu'elle me laisse tomber.

On a regardé un film qui opposait une relation assez tranquille et prévisible à une relation un peu angoissante et pleine de rebondissements. C'était à la limite du cliché, elle a peut-être même été franchie, d'ailleurs. J'y ai beaucoup réfléchi, mine de rien. Je fais souvent des parallèles entre des séries, des films, des livres et ma vie. Je me dis qu'encore une fois, c'est une question d'équilibre. D'un côté, on a besoin d'être rassuré sur certains aspects et de l'autre, il faut sans cesse renouveler pour ne pas s'ennuyer. On délaisse un peu le blog culinaire, il fait trop froid pour regarder les étoiles et on n'a pris qu'un seul cours de salsa (sur YouTube, je précise), je n'ai toujours pas fini mon dessin et je n'écris pas régulièrement mais on est assez créatifs et si on laisse tomber ces idées, on en aura d'autres. Une certaine stabilité qui ne remet pas en cause la relation, c'est essentiel, aussi. Pour la confiance en l'autre et en soi. Ce sont deux choses qui se nourrissent l'une de l'autre quand il n'y a pas de doutes paranoïaques ni de comportements déplacés qui pourraient amener ces doutes.

Je chemine en menant ma réflexion et je me rends compte qu'il est vraiment tard... Et que je n'écris quasiment que de chez mon père, en fait. Le soir, voire la nuit.

En guise de conclusion, je pense qu'on a tout ce qu'il faut pour écrire notre plus jolie et notre dernière histoire ensemble. Avec plein de chapitres. Plein d'aventures. On a les bases, il suffit de faire pleuvoir des étoiles et de sortir sa baguette magique. Je veux être son magicien.

Quand je fais des bisous sur son bilou, des fois, je me prends à penser qu'un jour, ils auront peut-être une autre signification. Et quand je vois ma petite princesse, Elise, comme aujourd'hui, si marrante et touchante comme peut l'être un petit enfant c'est clair que c'est une des plus belles créations qu'un être humain puisse faire, sans avoir à faire le moindre plan, sans tourner la moindre vis. La conception est d'ailleurs probablement loin d'être désagréable et les seuls réglages qu'on puisse faire ensuite, c'est par l'éducation et l'apprentissage. Si ça, ce ne serait pas la plus belle des aventures, le truc magique qu'on puisse faire... On en est encore loin vu que je vais avoir ses clefs en mains pour la première fois mardi pour réceptionner un salon qu'elle a commandé et payé sans moi parce qu'elle sera en train de travailler. Acheter une maison ensemble, c'est pas pour demain! Mais bon, les étapes ne se suivent pas toujours comme on les avait prévues, après tout.. Rooh, mais de quoi je parle, moi? Enfin, c'est peut-être parce que je commence à croire que ça arrivera peut-être éventuellement un jour très lointain et que l'autre grenouille était adorable ce soir. Quoique ça doit donner plus de moments magiques que pesants.. Enfin non, je reformule: les moments magiques doivent largement compenser les moments où on doit en avoir marre. En tout cas pour quelqu'un qui sait apprécier ce genre de moments. On m'a dit un jour que ce ne serait pas juste que je n'en aie jamais alors que d'autres en avaient sans le vouloir mais je n'ai jamais pensé que c'était une question de justice. Finalement, qui sait? Peut-être que j'aurai juste eu le temps de bien peaufiner mon apprentissage avec ma filleule et sa future petite sœur... Bon, je vais éteindre la lampe avant de délirer.

Presque parfait

L'autre jour, j'étais seul chez elle pour réceptionner son nouveau salon. J'avais pris congé comme je pouvais le faire, elle travaillait et j'avais donc sa maison pour moi tout seul, pour la journée. J'avais donc le temps de lui préparer une petite soirée sympa... Et je n'ai pas vraiment arrêté une seconde d'aller dans tous les sens. J'étais déjà allé faire les courses le matin, les gars sont venus livrer le salon dans l'après-midi. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de faire connaissance avec l'autre voisin, pas vraiment charmant et pas très content qu'on se gare devant chez lui! Malgré un manque de tournevis cruciforme flagrant, je parviens finalement à fixer les pieds et à me cogner le front... Pour vérifier qu'ils étaient bien fixés, sans doute. Le verdict était sans appel! Mais je m'en fichais car j'avais encore un tas de choses à faire. J'ai disposé les petites bougies parfumées, mis son peignoir sur le radiateur, commencé à préparer le repas... Et j'ai fermé sa porte à clef.
Quand elle est arrivée, je lui ai demandé de se déshabiller et de bien vouloir enfiler le peignoir pendant que j'allume is les bougies de sa chambre. Je suis revenue la chercher pour l'y emmener et je l'ai massée avec de l'huile et de la musique relaxante pendant que son bain coulait. Ensuite, je l'ai laissée quelques instants, le temps de finaliser la salle de bains. Puis je l'ai invitée à entrer dans l'eau tandis que je terminais de cuisiner. Il n'y avait plus qu'à réchauffer la viande et les haricots, passer les pommes de terre au four et... Que fait cette poêle par terre? A côté du chien qui se lèche les babines... Ne me dis pas que... Si, il a mangé la viande. Merde. Cette soirée était censée être parfaite. J'ai senti la rage monter en moi mais je l'ai maîtrisée, j'ai mis une claque au chien avant de le mettre dehors. J'ai décongelé de la viande en vitesse au microonde, j'ai essayé de la faire cuire dans une petite sauce improvisée. C'était un peu sec, j'étais dégouté.
...et on s'est bêtement disputés. C'est dommage, c'était presque parfait. Elle croyait que j'avais "battu" Kenzo ou quelque chose dans le genre. Elle ne voulait pas écouter ce que j'avais a dire, elle m'a fait de longues litanies pour m'expliquer que son chien avait été là pour elle, qu'il devenait vieux, etc. J'ai dit qu'il était mal éduqué puisqu'il volait et qu'il l'avait toujours fait. Que c'était le moment, pris sur le fait, si on voulait lui "montrer" que ce n'était pas bien. Le ton est monté car elle pensait sans doute que je voulais imposer les vues alors que je voulais simplement justifier ma réaction, comme j'étais tout seul avec lui et que je ne voulais pas la déranger dans sa petite soirée. Pour dire quoi?
Cela fait quelques jours et je ne sais même plus quels ont été les mots échangés par la suite. Je sais qu'on a fini par parler plus calmement et que la situation tendue s'est désamorcée. Nos caractères impulsifs font qu'on explose parfois mais, heureusement, on est assez "raisonnables" dans le sens où, si on monte vite, on retombe très vite aussi et on revient très vite l'un vers l'autre. Ca s'est vérifié plusieurs fois, déjà. C'est juste dommage de ne pas avoir su profiter à fond.

Un peu de place

Hier, je suis encore resté chez elle pour réceptionner des meubles! On lui donnait une chambre à coucher mais il fallait que je guide les déménageurs et que je leur donne un coup de main, tant qu'à faire. Ca m'a donné l'occasion de me dépenser un peu, je n'allais pas manquer de la saisir, je grossis un peu ces derniers temps. Je me fais plaisir côté nourriture et je délaisse le sport. Ça a été relativement vite, j'ai mangé les restes de la veille, j'ai traîné un peu pour que le chien qui ne m'en a finalement pas voulu très longtemps et puis je suis parti faire les courses avant d'aller voir ma filleule qui est en vacances chez ma mère. On était allés souper là deux jours avant et Elise avait été super mignonne. J'apprécie beaucoup quand elle me fait sentir que notre relation est spéciale, meme si on ne se voit pas très souvent et j'ai été particulièrement servi ce jour-là. Elle est adorable avec mon amoureuse aussi, même quand elle n'est pas avec moi... elle pose des questions pour savoir où elle est, si elle travaille au bureau comme maman, si elle mange avec nous. C'est très touchant. C'est la,premiere fois qu'une de mes amoureuses à ce "privilège" de faire connaissance avec mademoiselle Elise et ça fait bizarre de voir comment elle s'attache vite, dans un sens. C'est difficile à expliquer, ça fait plaisir et un peu peur en même temps. Je me rends compte que, dans une certaine mesure, nous sommes "engagés". Je connais sa famille et elle connaît la mienne, du moins pour le principal. On asûrement  toujours un peu peur de se tromper... Et en même temps, j'ai vraiment l'impression que c'est elle. Ça s'emboîte trop bien, nos deux vies, audela de nos deux personnalités ou de nos deux corps. On a encore franchi un petit pas aujourd'hui car une fois les meubles montés, elle m'a fait un peu de place pour entreposer plus proprement mes fringues qui commençaient à envahir la surface, entassées dans plusieurs sacs. Et puis elle me l'a dit aussi, hier, au resto. Qu'elle savait que c'était moi. C'était juste avant que ça ne parte en sucettes... Mais revenons un peu en arrière. Je finis d'accueillir les déménageurs, je mange un bout, je file faire les courses pour remplir son frigo et embarquer mon appareil à raclette au passage... En lui téléphonant pour savoir si toutes les capsules fonctionnent avec sa machine à café, je sens qu'elle est un peu irritée et je comprends qu'en fait, je n'ai pratiquement pas le temps d'aller jusque chez ma mère. Je me dépêche donc et j'écourte ma visite. En repartant, je lui téléphone à nouveau, histoire de jauger de si j'ai le temps de m'arrêter pour prendre des cigarettes mais... Elle semblait encore plus irritée. Elle me reprochait d'avoir laissé la porte ouverte à l'étage ainsi que celle des toilettes. Déjà que j'avais oublié d'éteindre une lampe... Ce sont des détails. Qui l'énervent. Qui font que son chien a imprégné le parquet de l'étage de son urine, aussi. En arrivant, oubliant que j'avais la clef en poche, je sonne à la porte. Une deuxième fois. Je finis par poser la lourde manne de tout ce que j'amenais pour lui téléphoner, pas de réponse. Je me disais que ce n'était pas possible qu'elle ait fermé la porte et décide de prendre sa douche, sachant que j'arrivais... Et je la vois m'ouvrir la porte, vêtue d'une serviette. Devant mon regard interloqué, elle me demande si j'ai déjà perdu la clef et je réalise à ce moment précis que je suis pire que distrait et que je ne suis pas habitué de pouvoir franchir sa porte même quand elle est fermée... Je range un maximum pendant qu'elle s'habille, on avait décidé d'aller manger dehors. Elle me fait remarquer que je ne me suis pas changé et qu'on n'est pas vraiment assortis. Elle me demande si je veux qu'elle mette un polar et qu'on aille manger une vieille frite mais je monte enfiler une chemise. La soirée se passait malgré tout très bien... Jusqu'à ce qu'elle me dise, au fil de la conversation, jusque-là très agréable, tout comme la nourriture, qu'elle avait hâte de partir pour aller retrouver son père. Je me suis renfrogné, elle a insisté. Je me suis levé et je suis sorti, on avait quand même fini de manger. Je n'avais pas envie de m'énerver devant tout le monde et je n'avais peut-être pas encore les mots pour l'exprimer. J'ai allumé une cigarette et j'ai attendu qu'elle prenne congé de la patronne qui fait partie de ses connaissances. Et on s'est encore disputés... Parce qu'elle pensait que je la jugeais. Mais je crois que quand on envisage de construire sa vie avec quelqu'un et qu'on tient à cette personne, on ne peut pas l'écouter dire ce genre de choses sans broncher. Le ton monte facilement entre nous si bien qu'à peine arrivés chez elle, elle voulait partir. Je lui ai rendu sa clef avant de revenir sur les pas et d'essayer de calmer la situation. Je finis par lui dire que si je rentre chez moi, j'aimerais reprendre la tablette... Elle se gare et c'est le moment qu'un voisin choisi pour sortir de chez lui me demander de faire moins de bruit, ce qui est compréhensible, s'il a un enfant qui dort. Par contre, son commentaire sur le fait que si on me dit de rentrer chez moi, c'est tout ce que j'ai à faire, il pouvait se le garder. Son côté petit shérif ne m'a pas plu. Surtout quand on voit les autres voisins qu elle a qui hurlent et se tapent dessus à toutes les heures... Je me suis demandé si ce n'était pas le pote de son ex et j'ai vu rouge mais je lui ai répondu calmement. On est rentrés pour parler un peu mais le calme ne revenait pas et on est partis tous les deux. J'ai demandé à Jérôme ce qu'il faisait, elle est allée voir chez Hélène mais... Finalement, on s'est retrouvés tous les deux chez moi, à discuter. On a mis un peu toutes ces choses à plat, on a beaucoup discuté et on a fini par rentrer dormir chez elle. Il y a eu des larmes et des câlins. J'ai peut-être été un peu plus ferme sur certaines choses. Je lui ai dit qu'elle me parlait moins bien depuis quelques jours, avec la petite dispute du mardi, il y avait aussi un soir où elle était de mauvaise humeur et puis comme je suis distrait, il y a toujours quelque chose à me reprocher... Et je n'ai pas envie de laisser ça dégénérer car c'est important aussi. J'ai dit aussi que je ne savais pas ce qu'il y avait après la vie mais que je voulais quelqu'un qui ait envie de construire quelque chose sur terre et pas qui refuse d'accepter la réalité ou qui a envie de mourir. Parce que c'est la seule chose qu'on puisse faire, profiter du moment présent, de nos années sur terre. Parce que peut-être que le sens de la vie, c'était justement de transmettre les bonnes choses qu'on avait apprises, en adaptant ça à notre manière, aux gens qui nous entourent. Et encore plus donner ces valeurs à un enfant. Parce que quand elle le tiendra dans ses bras, elle saura ce que c'est un amour plus inconditionnel que tous les autres, c'est encore autre chose. Je ne l'ai pas vécu mais j'ai ma filleule, comme elle a son neveu. Je lui ai expliqué que ma belle-sœur était enceinte au moment où ma grand-mère était décédée et que là, on avait été face à un choix. Soit pleurer pour ce qui n'était plus, soit sourire pour ce qui avait été et pour ce qui allait arriver. Transmettre certaines valeurs à ce petit machin et ainsi célébrer la vie tout en honorant dignement la mémoire de nos disparus. Je ne suis pas sûr que ce soit la seule chose à faire mais pour ma part je trouve que c'est la meilleure manière d'accepter parfois l'inacceptable et le manque. Sans prétention, sans croire que je suis parfait, à ma petite échelle, c'est ce que j'essaie de faire. Donner des sourires. Apaiser les âmes. Je ne crois pas qu'on puisse être heureux en prononçant de telles paroles et encore moins quand on le pense, même juste parfois... C'est bien de ne pas avoir peur de la mort et c'est vrai que c'est une idée rassurante, à ce niveau, de se dire qu'on va peut-être retrouver certaines personnes. Même si je ne crois pas qu'il faille attendre ce moment-là pour se sentir en communion. Il y aura peut-être d'autres personnes qu'on ne voudra pas abandonner, d'ici là. Reproduire les actes, les gestes, certaines paroles, c'est une autre façon de le faire. Pour qu'une mauvaise chose devienne bonne, il faut en tirer les leçons. Je refuse de la voir malheureuse sans rien faire. Tant pis si ça dégénère. Quand elle a besoin d'espace, je lui donne. Mais quand j'ai l'impression que ça ne va pas, il faut que je réagisse... Elle pense que personne ne peut la comprendre mais j'ai pourtant déjà ressenti ça. Et parfois j'aimerais tellement pouvoir parler à une personne qui n'est plus là, quand je me sens perdu. Et deux ans, c'est court et c'est très long, en même temps. J'aimerais tellement qu'elle apprenne à vivre avec. A vivre "bien", avec ça. Ce n'est pas la même chose qu'oublier. On n'est pas pour autant obligé d'être triste. Elle va sûrement mieux que ce que ça dû être et elle a sans doute encore besoin d'un peu de temps. C'est dur, parfois, de se demander si elle se sent bien. D'entendre certains mots. D'en prononcer d'autres, sans savoir la réaction qu'ils vont engendrer. De la voir pleurer, qu'elle m'en veuille, qu'elle ait l'impression que je la juge. Mais je ne suis jamais loin. Et je serai toujours là.
On peut s'arrêter, de temps en temps, pour penser, se remémorer. Mais au final, tout ce qu'on peut faire, c'est agir aujourd'hui en gardant un œil sur l'horizon, sur le futur, tout en gardant à l'esprit les leçons que le passé nous a apprises. On regardera en arrière quand on sera vieux et qu'on aura fait plein de choses... Vivons, comme on le fait si bien, même si on n'est pas riches. Intensément.
On se disputera encore, comme en montant les meubles, tout à l'heure. Mais je ne veux pas que ce soit scandale sur scandale, à partir en voiture sans savoir où on va, à laisser parler notre impulsivité, à ameuter les voisins ou... À nous faire du mal. Tout simplement.

Crise des 3 mois: Check!

Cela fait de nouveau un petit moment que je n'ai plus écrit. Pour plusieurs raisons... D'un côté, on se voit vraiment tous les jours et donc je n'ai pas vraiment de recul sur les événements. Je pense moins pour vivre plus. D'un autre côté, les choses que je pourrais avoir à dire sont plus denses, plus complexes et il faudrait vraiment que je me pose pour presque rédiger une dissertation. Sur la différence entre passion et amour, par exemple. C'est très difficile à définir, c'est probablement subjectif et il faut encore analyser les différences entre les deux. Personnellement, j'ai parfois confondu les deux choses, peut-être parce que j'ai eu l'impression que l'une n'allait pas sans l'autre. Sinon, ce n'est pas assez fort, magique, poétique. Mais je dois bien avouer que ça m'a joué des tours de penser comme ça... Je remets l'ouvrage sur le métier à chaque étape. Et puis les discussions que j'ai pu avoir au cours de ma vie et plus récemment avec elle ont aussi fait évoluer cette manière de penser. Bien sûr, ce n'est pas l'essentiel. Bien sûr que le principal, c'est la véracité, la sincérité de l'amour. Avoir envie de comprendre l'autre, de construire quelque chose ensemble, de prendre soin de l'autre même quand il nous énerve. Mais j'aime tellement la magie et la poésie... Les jolis mots, la douceur, la tendresse... Et qu'on me chauffe, aussi, parfois, qu'on joue avec mon désir. On dit parfois que le plus important, c'est le voyage, pas la destination. Je crois que ces petites choses aident à vivre chaque moment avec une certaine légèreté et en même temps avec une réelle intensité. Ca aide à avoir le sourire en permanence. Ce n'est donc pas évident pour moi d'entendre de sa bouche qu'elle n'a jamais ressenti ça, pour moi. De savoir qu'elle avait déjà serré quelqu'un dans ses bras en ayant envie de "rentrer dedans", de ne plus jamais quitter ces bras... Mais que ce n'était pas le cas avec moi. J'ai parfois encore du mal à l'écouter parler du passé, surtout quand je ne suis pas d'humeur. Et même si cela ne suscite pas en elle de la nostalgie, un manque ou un regret. Il y a sans doute aussi moyen de faire cela de manière plus diplomate mais ce n'est visiblement pas sa spécialité... Ce qui est un peu étrange quand on sait qu'elle est assez susceptible, aussi. Il y a encore des réglages à faire, même si ils sont moins importants et conséquents. La crise des trois mois, n'est-ce pas?
Se demander si on doit "vivre ensemble", partager le loyer, décider de tout à deux... Ou pas. Parce que si je suis prêt à partager tout cela, il faut que ce soit "chez nous". Pas sûr qu'elle soit prête à me faire confiance... Or, dans ce cas, je préfère continuer à la sortir, à remplir son frigo et à l'aider occasionnellement que de sacrifier ma toute relative aisance financière pour qu'au final, cela ne change rien pour moi. Nous en sommes restés là, la dernière fois. Ces discussions ne sont pas terminées mais... Je crois qu'on parviendra à se mettre d'accord quand le moment sera venu. Je l'espère, en tout cas... Parce que je ne me sens bien et complet que quand je suis près d'elle, même si cela me fait un fameux changement. Elle n'a visiblement pas eu l'habitude d'être constamment avec quelqu'un, non plus. Ça et nos caractères fougueux, ce n'était pas forcément une évidence, à la base. Mais le mélange semble prendre, malgré tout... J'essaie de lui offrir des fleurs de temps en temps, j'ai acheté des rideaux que j'ai fait recouper par ma mère, je lui ai préparé une petite soirée sushi, parce qu'elle m'avait dit qu'elle aimait ça... Et même si ce n'est pas mon truc. J'essaie de faire pour un mieux avec ce que je peux. Je lui consacre beaucoup de mon temps, en tout cas. Je ne sais pas si cela suffit... Les projets semblent similaires, les goûts peuvent sans doute s'accorder, comme les caractères. La seule accroche possible, c'est le côté financier. C'est vraiment bidon quand même, ça! Mais c'est sans doute le lot des relations d'aujourd'hui... Les gens sont tellement peu sécurisés à ce niveau et se sont parfois déjà fait berner par des profiteurs ou des profiteuses en tout genre qu'on se méfie, qu'on a besoin de se sentir à l'abri. Triste air du temps, il faut faire avec...

De "dégage, petit con" à "en couple"

Tout n'a pas été simple. Mais il est sans doute important d'écrire, je ne dois pas laisser autant d'espace, j'en perds les émotions instantanées. Certaines sont néanmoins plus marquantes que d'autres. Certains mots marquent aussi.

"Reprends toutes tes affaires et dégage, petit con... Je ne t'aime pas!". Le ton est bien monté... elle a cru que je ne voulais pas m'investir complètement parce que je faisais mes petits comptes de mon côté, que je regardais des maisons en vente alors qu'elle ne peut pas emprunter... elle n'avait pas compris que je préférais prendre les devants pour qu'on puisse rapidement s'atteler à la tâche pour avoir un jour ce que l'on mérite. Ce que l'on souhaite en premier pour mettre le reste en place: une maison. Je ne me suis pas tout de suite accroché à ma fierté mais je ne peux pas non plus me laisser insulter ou dire des choses pareilles. Par respect pour moi-même, d'une part; mais surtout parce que ce ne sont pas sur de pareilles bases qu'on construit une relation durable. Respect, confiance, amour... voilà l'essentiel. Les insultes, les doutes, les pensées égotiques n'ont rien à voir avec cela. Je suis loin d'être parfait mais personne ne mérite d'être traité comme ça et sûrement pas moi!

Je suis donc parti... Oh, pas très longtemps. Je pense qu'un quart d'heure après, je n'avais pas encore eu le temps d'arriver chez moi, qu'elle me disait qu'elle était allée trop loin. Ce n'est pas vraiment dans sa nature de s'excuser, ni de s'ouvrir sur son ressenti mais... Disons qu'elle l'a plus ou moins fait, à sa manière. Tout en ajoutant qu'elle ne regrettait pas cette discussion.

On en a eu d'autres, des discussions, pour mettre tout cela au clair, peaufiner nos premiers réglages. En s'ouvrant un peu, elle m'a encore dit des choses qui me font me torturer mais j'essaie de n'y accorder aucune importance ou le moins possible, en tout cas.

On a donc décidé de tout partager, ou du moins de partager encore plus, financièrement en tout cas. On va essayer de trouver une location moins chère mais tout de même assez grande pour entreposer ses meubles, qui puisse convenir pour Kenzo et qui colle géographiquement avec nos lieux de travail; dans un premier temps. Cela devrait nous permettre de mettre un peu d'argent de côté en plus, en attendant qu'elle n'ait plus cette épée de Damoclès au-dessus de la tête et que nous puissions investir ensemble. On vit pratiquement ensemble, on fera Noël chez mon frère avec les petites puces, puis chez sa mère et encore une troisième fois chez la mienne. Quand je suis allé apporter les cadeaux de ma filleule à l'occasion de la Saint-Nicolas, elle a demandé ce que faisait Magaly, j'ai trouvé cela mignon. Et puis, hier, j'ai rencontré son neveu pour la première fois. Il a l'air mignon, calme et très gentil! J'aurai sûrement l'occasion de le voir un peu plus longtemps chez sa grand-mère pour la Noël.

C'est aussi hier que j'ai reçu des notifications par poignées sur Facebook car... j'ai découvert que j'étais "en couple", en arrivant au boulot. Surprise! Je passe par toutes les émotions. C'est la première fois, pour moi, que je suis "en couple" sur Facebook. Après tout, si le mariage c'était autrefois une façon de dire au monde "C'est cette personne que j'aime et avec qui j'aimerais vivre jusqu'au bout", cela pourrait être une jolie comparaison! J'ai ressenti comme un peu de fierté...

Drôle de période où tout s'enchaîne alors que j'aurais vraiment besoin de glander. On est allés au marché de Noël de Maredsous, aussi. À la base, je voulais aller manger un bout avec mon père pour discuter de la possibilité d'occuper un bien familial en location et pour voir à quelles conditions je pourrais en bénéficier. D'apéro en digestif, en passant par le vin, on est passés chercher sa mère et on est allés à Maredsous à quatre avant de repasser chez mon père, histoire d'être bien sûr d'avoir assez bu. Je ne suis pas certain d'avoir fait une impression d'enfer mais j'avais tout de même la sensation de passer un bon moment. Jusqu'à ce que son humeur change... je ne suis pas un saint mais elle n'est pas toujours très tolérante!

Je suis un peu en stress à mon boulot, malgré une super évaluation par mon Directeur. Je me surcharge de travail, je prends tout très à cœur et j'ai parfois l'impression de pédaler dans le sable. Grosse réunion annuelle à préparer, des projets de communication pour deux événements, un salon à Paris sur lequel je pourrais me retrouver en 2016, un petit changement de lieu de travail à mi-temps qui me permettrait de mieux gagner ma vie... Et puis Louise, ma future nièce, qui se fait attendre depuis une semaine. Je n'avais pris aucune réunion à l'extérieur, mon frère m'avait demandé de rester près de mon gsm, même la nuit et... finalement, je crois que je n'aurai aucun rôle à jouer, même pas pour ma filleule. Je rêvais de lui présenter sa petite sœur en premier, de m'occuper d'elle pendant la nuit que mon frère passerait à l'hôpital, ce qui aurait probablement été un de nos plus gros moments privilégiés pour un bout de temps... mais je pense maintenant que je vais devoir faire une croix dessus et je suis très déçu. Et mon frère qui me dit encore après ça "on aura sûrement besoin de toi"... tu parles. Rester pendu au clou et en état d'alerte pour... rien, au final. J'aurais tout aussi bien pu m'en foutre et me pointer à la maternité après ma journée de boulot, ce qui sera probablement le cas en fin de compte. Comme je n'avais aucune nouvelle, j'ai accepté une réunion demain matin dans le courant de la journée. Et mon frère, en fin d'après-midi, qui se réveille et me demande si... je ne peux pas garder Élise pendant qu'elle dort entre 6 et 8h, entre le moment où il va conduire Del à l'hôpital et avant qu'il n'aille conduire ma filleule à l'école,car je n'ai visiblement pas le droit d'aller la conduire moi-même. Il aurait aussi bien aimé que je puisse être là pour réceptionner un lit, chez lui, dans la matinée. Il se fout de ma gueule... non? Bref, je suis dégoûté, après avoir été sous tension. Mais j'essaie que tout cela n'influence pas notre histoire. Elle ne veut pas foirer non plus "comme elle l'a déjà fait", apparemment, mais il semblerait qu'elle éprouve plus de difficultés à laisser ses problèmes en-dehors de la maison, il faut dire à sa décharge que je ne serais pas au top de ma forme, mentalement parlant, non plus. Elle ne veut plus se faire avoir, non plus. Peut-être qu'elle a encore peur que "je l'abandonne"... et donc, elle préfère fuir jusqu'à ses propres sentiments. Je sens que ça va mieux, depuis quelques jours, notre "connexion". On se lâche peut-être, petit à petit...

Jingle bells

Ce mois de décembre est riche en émotions et en rebondissements! Nous avons vécu quelques aventures... Par exemple, on est allés rejoindre Choko et Fanny, un couple d'amis à moi avec qui elle s'entend plutôt bien, au marché de Noël à Namur. On a commencé par faire les magasins, un petit peu, juste nous deux. Je me suis acheté une chemise qui ne m'allait pas trop mal et qu'elle trouvait jolie, puis on a retrouvé nos deux camarades tout en se promenant de chalet en chalet. On finit par s'arrêter à un stand de boisson histoire de goûter les bières de noël proposées tandis que les filles sirotaient du vin chaud. Elles se sont même éclipsées à un moment pour aller chercher un foulard. Ma petite lionne m'a glissé à l'oreille qu'elle l'avait offert à Fanny comme elle n'était pas riche pour le moment et que le foulard avait l'air de lui faire envie: j'aime bien quand elle a des élans de spontanéité comme ceux-là, on ne s'y attend pas et ça révèle la bonne personne qu'elle est, attentive aux autres. Ensuite, on s'est mis d'accord pour aller manger dans un resto près de chez nous... On retourne donc tout doucement vers les voitures. Elle avait mis une robe et des bottes pour me faire plaisir donc je m'étais garé dans le parking le plus proche du centre pour lui éviter de marcher trop longtemps. Sans penser une seconde qu'il serait fermé au moment où on avait décidé de repartir! Impossible même d'y entrer pour récupérer les clefs de sa voiture qui se trouvait dans la mienne. Bizarrement, après le premier moment de "panique", car je déteste ne pas avoir le contrôle, on a trouvé une solution toute simple et on est juste passés à autre chose, en chantant dans la voiture. On est effectivement allés au resto avec eux, avant de déposer mon amoureuse à l'endroit qu'il convient désormais d'appeler "chez nous" et de me ramener à Florennes; puis, le lendemain matin, Fanny m'a conduit au parking pour récupérer ma voiture, je lui ai confié les clefs de Magaly et elle lui a ramenées jusque chez elle. Retour de bon karma? Elle est quand même très gentille, celle-là! Apparemment, elles s'entendent bien.

Tellement bien qu'on est encore allés visiter le marché de Noël de Bruxelles! On a aussi commencé par faire les magasins, les filles allaient de leur côté et nous, du nôtre. On en souriait avec Choko, d'ailleurs: on se disait que c'était tout de même cool que ça colle si vite entre les filles, même s'il est vrai qu'il est compliqué de ne pas apprécier Fanny.

Entretemps, on était allés voir un concert avec ses amis à elle, dans un petit bar pas trop loin de chez nous: le groupe qui se produisait était celui qui avait mis l'ambiance à leur mariage et je n'avais pas eu le plaisir de les entendre. La petite Louise était née ce jour-là et je m'étais débrouillé pour aller la rencontrer le plus vite possible avant d'aller les rejoindre. L'occasion de voir ma filleule, toute affairée avec sa nouvelle petite sœur. Je n'ai pas mal fêté ça le soir même avec son ami, qui m'avait prévenu directement: "Tu es avec un flic, hein... Il va falloir assurer au niveau de la descente!". Nous ne sommes pas allés jusqu'à l'exagération car on travaillait le lendemain. Ce jour-là, j'ai attendu après ma journee de travail et puis je suis retourné à l'hôpital pour présenter Louise à Magaly avant de lui faire connaître un petit resto que j'affectionne et où ils font des linguine aux Saint-Jacques et scampis au curry à tomber par terre.

C'était assez émouvant pour moi de voir cette petite princesse arriver dans notre monde, de voir ma filleule prendre un grade comme je l'avais fait à son âge, quand son propre père est devenu mon petit frère. Émotion encore en pensant qu'aucune de mes relations n'avait jamais vu Elise d'aussi près et que c'était bien assez officiel pour qu'il soit naturel qu'elle vienne à la maternité accueillir sa petite sœur. On a aussi fait notre sapin... Je n'étais pas super emballé à l'idée, je crois que la dernière fois qu'il y avait eu un sapin chez moi, c'est l'année où mes parents se sont séparés, quand mon frère l'avait monté tout seul. Mais, petit à petit, je me suis pris au jeu et à cette ambiance festive. Je ne suis pas allé jusqu'à me promener avec un bonnet sur la tête en chantant "Jingle bells" toute la journée mais je prenais du plaisir à emballer les cadeaux en imaginant le visage de ceux qui allaient les ouvrir. D'autant que pour la première fois depuis des années, j'allais réveillonner avec mon frère et ses princesses, mon père et... Mon amoureuse! Pour elle, j'avais pris une montre, assortie aux rares bijoux qu'elle portait. J'espérais vraiment qu'elle lui plairait, je n'avais pas vraiment de point de comparaison: je ne l'ai jamais vue avec une montre.

Mais quand nous sommes allés à Bruxelles, on a fait la vitrine d'une bijouterie. Elle regardait les montres et je m'amusais à essayer de voir celles par lesquelles elle était tentée. J'avais meme dit à Fanny "Regarde, celle-là... C'est son cadeau de Noël". J'ai arrêté de sourire quand je me suis rendu compte que non seulement elle n'était pas attirée par le genre de modèle que j'avais pris pour elle mais qu'en plus elle envisageait plus que sérieusement de sortir de la boutique avec une autre montre au poignet! Le malaise était palpable mais elle ne se rendait compte de rien... J'ai essayé de lui dire que peut-être sa maman lui avait pris une montre mais rien n'y fit et j'ai dû me résoudre à l'empêcher de l'acheter en étant plus clair. J'étais dégoûté! Je voulais tant lui faire une surprise... Visiblement, la montre était une bonne idée, cela dit. On a d'ailleurs passé une bonne soirée ce jour-là, je les ai emmenés dans un restaurant qui propose des formules à volonté, où on peut manger de la viande et du poisson de qualité en quantité. L'ambiance était vraiment très bonne entre nous, à tel point qu'on a décidé de fêter le nouvel an à quatre, dans la maison qu'ils avaient acheté et dans laquelle ils devaient très bientôt s'installer.

Elle a passé la semaine à travailler pendant que j'étais en congé. Je me suis occupé de la maison, du chien, je faisais à manger. Elle avait vraiment beaucoup de boulot et j'essayais de lui rendre la vie plus légère au moins à la maison mais quand elle rentrait, elle était tendue et n'arrivait que difficilement à retrouver son calme. De mon côté, je ne fumais plus de saletés depuis quelques jours et je ne m'en trouvais pas plus mal mais je n'étais évidemment pas le plus serein non plus. Cela dit, les petites disputes passaient relativement vite. J'avais quand même un peu de temps libre et j'en ai profité pour faire les courses et me promener à la recherche de l'un ou l'autre cadeau supplémentaire, même si il y en avait déjà tellement qu'on ne voyait plus le pied du sapin. Elle m'avait notamment parlé d'un rêve qu'elle avait fait, où elle avait vu son père "comme avant". Je voulais lui trouver un livre sur la signification des rêves, si cela pouvait peut-être l'apaiser ou lui apporter des réponses que je n'avais pas... Après plus de trois heures, j'ai fini par dégotter un bouquin sur le deuil. Pas exactement le même sujet, mais cela pouvait répondre aux mêmes attentes. Finalement, je me suis dit que ce n'était pas un cadeau de noël et je l'avais rangé ailleurs. Je ne voulais pas plomber l'ambiance... Je me suis ensuite attaché à trouver une tenue décente puisque, selon un sms, j'avais "intérêt à être beau"! J'ai fini par trouver quelque chose qui convenait... Pendant qu'elle m'achetait encore une chemise. D'une marque que j'adore et qui était très jolie. Pas à la bonne taille mais j'ai vite couru jusqu'au magasin pour l'échanger, ce n'était pas loin. Elle était encore sous tension.

Avant d'aller chez mon frère, on avait décidé de s'offrir nos cadeaux. Elle m'avait pris des vêtements qui me plaisaient et puis une bouteille de mon parfum comme je n'en avais presque plus. Elle a ensuite découvert à quoi ressemblait sa montre, je stressais un peu car on ne pouvait pas l'échanger et je ne savais pas si le modèle lui plairait. J'ai vite vu sur son visage que ce n'était pas le cas et qu'elle était déçue... Et moi aussi, du coup. Elle a d'abord dit qu'elle la porterait quand même parce que ça venait d émoi, que le matériel n'était pas le plus important... Mais je sentais bien qu'il y avait un malaise. J'ai commencé par faire un peu de boudin car j'aurais vraiment voulu qu'elle lui plaise. Puis, je me suis dit que ce n'était pas si grave et qu'on irait chercher celle qu'elle avait repérée à Bruxelles.

La soirée chez mon frère s'est très bien passée, on a bien mangé, j'ai pu profiter un peu de ma filleule et j'étais encore très ému de la voir tenir ma nièce dans ses bras. Je me suis dit qu'elle ferait probablement une maman aimante et attentive. On a aussi reçu de beaux cadeaux: mon père nous avait pris une thalasso (ça tombe bien, on en avait déjà parlé et je savais que ça lui faisait envie et moi, je n'y étais jamais allé) et mon frère, des places de concert. Mon père m'a dit que j'avais l'air bien avec elle et que tout le monde l'appréciait, même Élise.

Le lendemain, on est allés chez sa maman. Pendant qu'elles préparaient le repas, j'étais en train d'essayer de m'arranger pour échanger sa montre, d'une manière ou d'une autre. Puis, je les ai rejointes et, finalement, son frère et son neveu qui ne devaient arriver qu'à dix-sept heures étaient déjà là. Et il nous avait pris un petit quelque chose alors qu'elle m'avait dit de ne rien prévoir... C'était un peu gênant. Encore heureux que j'avais offert des fleurs à sa maman! Son neveu avait l'air ravi de son cadeau, même si il était déçu de ne pas pouvoir jouer avec un hélicoptère télécommandé dans la maison, évidemment. La soirée ayant été moins dure pour nous que pour eux, la veille, c'est resté très calme. Personnellement, j'ai bu et mangé de très bon cœur! Magaly avait choisi le vin en fonction de mes goûts et finalement, tout le monde avait l'air de l'apprécier, même si la préférence allait vers l'autre bouteille, au départ. Son neveu qui est tout mignon semble m'adopter aussi, petit à petit. C'était la deuxième fois que je le voyais mais "je pouvais jouer avec lui, si je voulais"!

On passe de bons moments... Je la sens plus câline, plus amoureuse. Et moi aussi! Finalement, hier, on est allés enlever des mailles de sa montre et elle ne lui déplaît peut-être pas tant que ça. On a passé l'après-midi à faire des biscuits pour aller chez ma mère jouer l'acte trois de la piece de Noël, avant que je n'aille voir un match avec mon père, tandis qu'elle profitait d'un bain, ce qu'elle ne prend jamais le temps de faire.... Finalement, le livre que j'ai fini par lui offrir semble lui plaire aussi. Et de mon côté, j'ai pris un peu de temps pour noter ces souvenirs et en garder une trace car c'est important. Pour moi, pour elle, pour nous. J'aime vivre notre histoire qui se construit petit à petit...

Roi des cons

Je cumule les conneries! Comme si je n'avais jamais rien appris. Je m'en veux et je m'enfonce. Trop nerveux parce que je n'ai pas fumé pendant un jour et demi, je suis désagréable et on finit par se disputer. Plus fort que d'habitude. Je perds le contrôle, je l'insulte, elle me bouscule... Elle s'en va car je ne veux pas partir. Je vais m'en rechercher, alors qu'on vient de parler, de mettre les choses à plat. J'essaie de lui cacher mais je ne peux pas lui mentir. Je savais que je faisais une erreur. Je savais que j'avais déjà merdé comme jamais quelques heures plus tôt et que je l'avais déçue. Mais qu'est-ce que je fous? Je l'aime pourtant. Je suis bien avec elle, je ne peux pas dire que je manque de quoi que ce soit. J'ai l'impression d'avoir tout gâché pour une pulsion à la con. Minable... Comme si je faisais tout pour ne pas mériter la vie que je veux, un vrai paradoxe. Une spirale infernale. J'en ai marre de moi, comme ce n'était plus arrivé depuis longtemps... Comme si je ne savais pas que la confiance se gagne en gouttes et se perd en litres. Comme si je n'y accordais aucune importance, alors que c'est tout l'inverse. Je l'ai fait se poser plein de questions, j'ai même douté qu'elle culpabilise. Elle ne mérite pas ça. Elle ne mérite pas d'avoir l'impression de devoir rabaisser son niveau d'exigence parce qu'elle ne vaut pas mieux. Elle mérite d'être heureuse et ce n'est pas ce que je fais en ce moment. Il va falloir redresser la barre et vite... S'il en est encore temps. Je me demande si je ne viens pas de foutre en l'air cinq mois en une seule journée. Elle vient de me dire qu'elle ne voulait plus de belles paroles mais du concret, qu'elle vivait dans la réalité et que plus aucun mot n'avait de sens. Qu'est-ce que je suis censé faire? A part essayer, encore, puisque la réussite d'est d'essayer une fois de plus que le nombre d'échecs subis. Mais je lui ai menti, de une certaine manière, pour la première fois, en même temps que de me mentir à moi-même. Et je ne sais pas comment on répare ça, si c'est possible... Je savais que c'était une connecte et qu'avec ce qu'elle avait vécu, cela ne passerait jamais. Je n'aurais déjà jamais eu sa patience a mon égard.... J'ai fait de la merde et je suis dedans jusqu'au cou.

Un rêve ou un cauchemar?

Je n'ai à nouveau plus écrit depuis un petit temps parce qu'en fait... Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, hormis une petite crise personnelle et quelques éclats d'humeur de sa part, tout va bien. Oui, j'ai un peu de mal quand je vois mes factures tomber en début de mois car je trouve cela indécent de gagner relativement bien sa vie et d'en être contraint à devoir faire attention au niveau des loisirs et des plaisirs, puisque la vie coûte cher, même juste pour "la base". Alors quand elle me voit me tracasser ou m'entend me plaindre de soucis financiers si mineurs en comparaison de ce qui la tracasse, elle, ça crée des tensions. Il y a aussi eu quelque fois où elle avait ses histoires en tête ou pas eu le temps de passer du stress du boulot au retour au calme avant de franchir la porte mais je pense que je suis relativement compréhensif, à ce niveau-là. Il y a quelques jours, on n'a pas fait l'amour (parce que d'après elle, elle avait trop de choses en tête) pendant à peu près... Trois jours! Ok, ça peut paraître très court comme délai mais mine de rien, on est plus réguliers que ça. Elle a même fini par le faire "pour me faire plaisir", ce qui a eu le mérite de me faire plaisir sur le coup, évidemment. Mais je préfère, de loin, quand elle en a envie aussi... et puis on parle vraiment de détails, là, d'autant qu'hier ça s'est vraiment très bien passé du côté intime.

En-dehors de ça, je pense vraiment que tout va bien. Je rentre parfois tard pour le boulot et je suis allé voir un concert à Anvers avec mon frère pour son anniversaire, mais elle comprend aussi. Je lui manque un peu, parfois, car elle s'est habituée à ma présence ou à mes attentions presque permanentes et donc le moindre éloignement se ressent.

Je me suis même mis à faire des biscuits depuis un petit mois et j'ai enfin lancé cette petite affaire: j'ai vendu mes premières boîtes ce week-end. Je sens son soutien et ça fait plaisir d'avoir à ses côtés quelqu'un qui croit en soi! De sentir qu'on reçoit aussi, comme on donne. À part ça, il y a bien quelques taquineries sur mes poignées d'amour ou mes cheveux qui s'absentent mais bon... globalement, nos caractères forts s'accordent plutôt pas mal. Puis, je n'ai plus fumé de saletés depuis un bon mois maintenant et même si je dors évidemment moins bien qu'avant, je ne suis pas spécialement nerveux, j'ai pris quelques comprimés de passiflore et même si je ne peux pas dire que je n'y pense plus, je ne craque pas. Je suppose que ça l'aide à me faire confiance et à me dire des choses comme "Je t'aime de plus en plus".

Il y a juste un truc qui m'a un peu trottiné. Elle est allée à la visite médicale et visiblement, elle s'est bien amusée avec le médecin qu'elle voyait pour la première fois. "On n'arrêtait pas de se chercher", m'a-t-elle dit. J'ai très moyennement apprécié, ma nature jalouse et peu sûre d'elle a vite refait surface. Je lui ai même balancé, une fois ou deux. Hier, elle triait ses mails et elle avait d'ailleurs reçu des exercices pour le dos qu'il lui avait envoyé. Son adresse mail, son téléphone. Hum... je n'ai pas dit grand' chose, mais je pense que ça continuait de me trotter. J'en ai d'ailleurs eu la confirmation vers 4h30, quand je me suis réveillé après ce que l'on pouvait qualifier de "mauvais rêve". Ça avait l'air tellement réaliste et je m'en souvenais parfaitement, pour une fois.

Je me suis levé discrètement pour aller à la toilette et fumer une cigarette. Puis une deuxième. Ça me prenait clairement la tête et me poussait à me torturer tout seul. Elle s'est réveillée quand je suis remonté mais je n'ai pas tenu à lui en parler, je ne voulais pas créer de débat à cette heure-là alors qu'on devait se lever le lendemain. Je l'ai juste serrée contre moi et je lui ai glissé que je l'aimais fort et qu'elle ne devait jamais me faire de mal. Trop de mauvaises expériences à ce niveau-là, d'autres rêves de ce style à une autre époque, d'autres histoires qui avaient fini par se dérouler comme je le craignais. Peut-être même que c'était parce que je les avais évoquées qu'elles étaient arrivées, comme on avait essayé de m'en persuader (même si j'ai toujours fini par réaliser que c'étaient simplement des connasses qui voulaient se donner le beau rôle)... "L'auto-accomplissement de la tragédie". J'ai eu du mal à me rendormir et quelques larmes ont même coulé. Est-ce que je dois le garder pour moi? Est-ce que je devrais lui dire pour qu'elle me rassure? Est-ce qu'il serait raisonnable de la croire?

En fait, voici de quoi j'ai rêvé. La situation était exactement telle qu'elle était maintenant. Elle répondait gentiment par un petit "Merci" au mail contenant les exercices et le mec, fort de son complexe de supériorité du médecin et partant avec le rôle facile de challenger pour un combat "perdu d'avance" puisqu'elle est en couple, la cherchait sur FB sur base de son adresse mail. Il l'ajoutait, elle l'acceptait... il mettait des petits commentaires. Ils se parlaient un peu, se plaisaient visiblement l'un l'autre... Je lui demandais si elle le trouvait beau et elle n'osait pas me répondre, me confirmant donc ce que je redoutais. Moi, de mon côté, je recommençais à fumer des saletés, en cachette. Bref, on n'était pas très honnêtes l'un envers l'autre. Et ça finissait par éclater en une grosse dispute... Et bien entendu, à la fin, je m'en voulais d'avoir, selon moi, provoqué tout cela, par ma jalousie et par le fait que je n'avais pas tenu ma parole.

Ça semblait tellement vrai, les parallèles sont si simples à faire avec d'autres histoires que j'ai pu vivre. Sans savoir de quoi il retournait, elle m'a dit que ce n'était qu'une rêve et que je devais le sortir de ma tête. Et peut-être que je ne devrais même pas lui en parler mais j'ai cette sale manie de vouloir tout partager et d'avoir besoin d'être rassuré. Qu'elle me dise que ça n'arrivera pas. Même si on m'a déjà menti en prononçant ces mots-là... En tout cas, il serait grand temps que j'aie confiance en moi. Mais peut-être qu'il serait réellement raisonnable d'avoir envie de la croire et de lui faire confiance parce que... peut-être que celle à qui je ferai confiance malgré mes appréhensions et qui ne la trahira pas sera sans doute tout simplement "la bonne". Pas la "bonne baiseuse" mais celle avec qui je passerai ma vie, celle qui sera la mère de mon ou des mes enfants, celle que je n'aurai, moi non plus, jamais envie de décevoir, celle à qui je ne voudrai jamais faire de mal. On en est sans doute à ce point, du moins en ce qui me concerne, où on ne peut plus rien calculer et où il faut s'engager sans le moindre plan de secours. Offrir pleinement son cœur parce que, même si c'est prendre le (gros) risque de souffrir (encore), c'est aussi la seule manière de pouvoir un jour vivre tout ce que je veux vivre, de la façon dont je rêve de le vivre. Pas forcément parfaitement mais vraiment, pleinement et entièrement. Et parce qu'elle est la seule avec qui je veux vivre ça... Peut-être était-ce pour me rappeler que rien n'est acquis mais qu'il faut y croire de toutes façons. Que c'est sans doute une folie mais que si je ne la fais pas, je prends surtout le risque de le regretter. Et pour me dire que je tiens à elle et à nous à ce point-là...

Vacances, j'oublie tout

Au final, on avait reçu quelques possibilités de s'évader à travers des chèques-cadeaux, mais nous n'avions encore rien réservé. Mon père nous avait offert un séjour bien être à deux, ma mère un week-end évasion et une de ses clientes lui en avait donné un pour un soin à deux. La Saint-Valentin approchant, on avait prévu d'en profiter.

Pour commencer, le samedi soir, j'avais réservé une table dans un restaurant que je ne connaissais pas mais dont elle avait entendu parlé et que nous avions envie de découvrir tous les deux. Il n'est pratiquement jamais ouvert en-dehors de la semaine mais il proposait un menu spécial pour l'occasion. Ensuite, nous devions profiter d'un spa privatif, rien que tous les deux, après avoir été promener dans une galerie marchande, le surlendemain.

Il faisait un peu froid dans le restaurant et le nombre de services ont rendu la soirée assez longue, un peu trop pour elle. Néanmoins, la qualité des produits et la finesse des plats proposés nous ont ravis à tel point que nous nous sommes juré d'y retourner. C'était une vraie soirée de fête des amoureux comme je n'en avais pratiquement jamais connue! Nous avons même pu reprendre les sets de table qui avaient été réalisés par des enfants: ils sont sur la table de la cuisine, depuis lors. La dame qui tient le restaurant nous a, par ailleurs, pris en photo et me l'a envoyée par mail en ajoutant que nous dégageons "quelque chose de spécial et de très fort". J'en garde un très bon souvenir. Le vin était également très plaisant, j'en ai d'ailleurs acheté par la suite dans l'épicerie qui fournit le restaurant.

Deux jours plus tard, nous voici donc en route pour ce qui promettait d'être une bonne soirée. Le tour de la galerie fut assez rapidement fait, nous avons donc bu un verre avant de déguster les spécialités d'une petite brasserie qui a encore épaté nos papilles. L'heure approchant, nous nous dirigeons vers le centre qui proposait le spa pour le trouver... Fermé. Il y avait visiblement de la lumière, pourtant. La sonnette ne donnant aucun résultat, je décide d'appeler sur le numéro afficher sur la façade et nous voyons alors le responsable qui est venu nous expliquer, sur le pas de la porte, que tous les rendez-vous étaient annulés, qu'il s'excusait mais qu'il ne pouvait rien faire: le jacuzzi était en train d'être révise par un plombier. Adieu le sauna infrarouge et le reste... Mais ce n'était que partie remise.

Plus tard, nous sommes allés nous faire masser et nous avons profité d'un sauna dans un autre centre, celui dans lequel elle voulait aller à la base mais qui affichait complet pour le jour où nous souhaitions. C'était certainement un mal pour un bien, finalement. Mais nous n'étions pas au bout de nos aventures...

Tant que j'étais occupé à réserver les chèques-cadeaux, j'ai appelé pour notre séjour bien-être. Nous avons choisi d'aller à Ostende et ainsi de profiter d'une journée à la mer. Au départ, on avait réservé pour le dimanche et le lundi.... Avant de nous rendre compte que c'était interdit aux maillots de bain ces jours là! Il a donc fallu modifier la réservation. J'ai mis le chèque sous enveloppe car nous devions le faire parvenir comme garantie de la réservation, elle l'a envoyé par recommandé avec accusé de réception... Nous n'avons toujours pas reçu de confirmation, depuis plusieurs semaines! En attendant la suite...

Pour le dernier, nous avions droit à deux nuits d'hôtel et nous avons choisi d'aller visiter Rome. Je m'étais juré que ce serait mon prochain City trip et elle s'était promis d'y retourner. Je lui ai offert le vol pour la Saint-Valentin. J'ai aussi réservé les visites du Vatican, les transports... Bref, à peu près tout endehors des restaurants. En attendant, on regarde des reportages sur la ville éternelle et nous rêvons de ce séjour... J'ai vraiment hâte!

Aah... Paris!

Pour mon boulot, je m'étais vu confier pour mission d'aller m'occuper d'un stand à Paris. Outre le fait que ce soit plus chouette que d'aller au bureau, le transport et le logement étaient payés et je bénéficiais d'une enveloppe journalière... Que je n'étais pas obligé de dépenser sur place et que je pouvais donc mettre de côté.

La séparation fut un peu difficile pour deux grandes personnes comme nous! Elle m'a fait un gros câlin avant d'aller travailler et j'ai failli pleurer avant de partir. Je lui avais mis plein de petits mots dans la maison, on s'est envoyés plein de sms pendant mon trajet. À peine arrivé, j'ai repéré quelques petites babioles à acheter en souvenir.

Je lui ai téléphoné régulièrement, je lui envoyais des messages tous les matins, dans le RER. Chaque jour, j'ai repris le thé et le café lyophilisé que j'avais à l'hôtel. J'ai ramassé ce que je pouvais sur le salon en petits gadgets, je me suis même débrouillé pour gagner une paire de RayBan pour elle. Je lui ai acheté une bouteille de vin... Bref, je n'ai pas arrêté de penser à elle.

Pourtant, j'avais l'impression qu'elle était un peu... "Jalouse". Elle n'avait pas l'air contente pour moi que je puisse vivre cette chouette expérience, c'est comme si je l'avais abandonnée pour aller prendre du bon temps.

L'avant-dernier jour du salon, c'était une "nocturne". Je suis rentré tard, j'étais crevé. J'ai à peine eu le temps de passer dans ma chambre pour changer de chaussures, de lui envoyer un message et je redescendais avec un exposant qui logeait au même endroit que moi pour rejoindre les autres avant d'aller au restaurant. Visiblement, elle a essayé de me téléphoner pendant que je marchais et je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite. Quand je l'ai rappelée, elle n'était pas très contente, c'est le moins que l'on puisse dire. Elle m'a demandé s'il y avait des femmes et je ne lui ai pas menti. Elle m'a dit que c'était fini entre nous, que quand je rentrerais, je trouverais mes affaires dans des sacs. Qu'elle ne voulait plus voir ma tête et que je m'engraissais. Puis, elle m'a raccroché au nez. J'étais avec les autres, devant le restaurant. Je suis entré pour m'asseoir mais je ne décrochais pas les yeux de mon téléphone. Je sentais que je n'allais pas passer une bonne soirée, ni être très agréable. Je suis sorti pour tenter de la rappeler mais sans succès. J'ai alors récupéré la veste, je me suis excusé et je suis rentré à l'hôtel sans manger, tout en échangeant des messages avec elle. Force était de constater que ça ne se calmait pas!

Arrivé à l'hôtel, j'ai commandé un grand whisky et je suis allé dans le patio pour y fumer tranquillement. Mon gsm n'avait plus de batterie et je l'ai donc mis à recharger dans ma chambre. Je me sentais seul et au bout du monde. Quand je suis remonté, mon téléphone sonnait, elle essayait de m'appeler. Nous sommes restés plus d'une heure au téléphone à nous expliquer, ça m'a épuisé mais je n'aurais pas su dormir. Je suis donc redescendu boire un verre et je me suis couché à plus d'une heure du matin. 

Le dernier jour m'a semblé long et pénible. J'étais le seul de l'équipe à être resté pour le démontage du stand. J'ai erré dans le quartier du Luxembourg, j'ai pris des photos dans le parc. Je découvrais enfin cet endroit charmant à la lumière du jour, alors que je n'avais fait que le traverser le soir. Pourtant, j'avais juste envie de rentrer et de la retrouver... Je pensais juste au moment où je reviendrais à Paris, avec elle. Heureusement, les retrouvailles se sont bien passées...