De "dégage, petit con" à "en couple"

Tout n'a pas été simple. Mais il est sans doute important d'écrire, je ne dois pas laisser autant d'espace, j'en perds les émotions instantanées. Certaines sont néanmoins plus marquantes que d'autres. Certains mots marquent aussi.

"Reprends toutes tes affaires et dégage, petit con... Je ne t'aime pas!". Le ton est bien monté... elle a cru que je ne voulais pas m'investir complètement parce que je faisais mes petits comptes de mon côté, que je regardais des maisons en vente alors qu'elle ne peut pas emprunter... elle n'avait pas compris que je préférais prendre les devants pour qu'on puisse rapidement s'atteler à la tâche pour avoir un jour ce que l'on mérite. Ce que l'on souhaite en premier pour mettre le reste en place: une maison. Je ne me suis pas tout de suite accroché à ma fierté mais je ne peux pas non plus me laisser insulter ou dire des choses pareilles. Par respect pour moi-même, d'une part; mais surtout parce que ce ne sont pas sur de pareilles bases qu'on construit une relation durable. Respect, confiance, amour... voilà l'essentiel. Les insultes, les doutes, les pensées égotiques n'ont rien à voir avec cela. Je suis loin d'être parfait mais personne ne mérite d'être traité comme ça et sûrement pas moi!

Je suis donc parti... Oh, pas très longtemps. Je pense qu'un quart d'heure après, je n'avais pas encore eu le temps d'arriver chez moi, qu'elle me disait qu'elle était allée trop loin. Ce n'est pas vraiment dans sa nature de s'excuser, ni de s'ouvrir sur son ressenti mais... Disons qu'elle l'a plus ou moins fait, à sa manière. Tout en ajoutant qu'elle ne regrettait pas cette discussion.

On en a eu d'autres, des discussions, pour mettre tout cela au clair, peaufiner nos premiers réglages. En s'ouvrant un peu, elle m'a encore dit des choses qui me font me torturer mais j'essaie de n'y accorder aucune importance ou le moins possible, en tout cas.

On a donc décidé de tout partager, ou du moins de partager encore plus, financièrement en tout cas. On va essayer de trouver une location moins chère mais tout de même assez grande pour entreposer ses meubles, qui puisse convenir pour Kenzo et qui colle géographiquement avec nos lieux de travail; dans un premier temps. Cela devrait nous permettre de mettre un peu d'argent de côté en plus, en attendant qu'elle n'ait plus cette épée de Damoclès au-dessus de la tête et que nous puissions investir ensemble. On vit pratiquement ensemble, on fera Noël chez mon frère avec les petites puces, puis chez sa mère et encore une troisième fois chez la mienne. Quand je suis allé apporter les cadeaux de ma filleule à l'occasion de la Saint-Nicolas, elle a demandé ce que faisait Magaly, j'ai trouvé cela mignon. Et puis, hier, j'ai rencontré son neveu pour la première fois. Il a l'air mignon, calme et très gentil! J'aurai sûrement l'occasion de le voir un peu plus longtemps chez sa grand-mère pour la Noël.

C'est aussi hier que j'ai reçu des notifications par poignées sur Facebook car... j'ai découvert que j'étais "en couple", en arrivant au boulot. Surprise! Je passe par toutes les émotions. C'est la première fois, pour moi, que je suis "en couple" sur Facebook. Après tout, si le mariage c'était autrefois une façon de dire au monde "C'est cette personne que j'aime et avec qui j'aimerais vivre jusqu'au bout", cela pourrait être une jolie comparaison! J'ai ressenti comme un peu de fierté...

Drôle de période où tout s'enchaîne alors que j'aurais vraiment besoin de glander. On est allés au marché de Noël de Maredsous, aussi. À la base, je voulais aller manger un bout avec mon père pour discuter de la possibilité d'occuper un bien familial en location et pour voir à quelles conditions je pourrais en bénéficier. D'apéro en digestif, en passant par le vin, on est passés chercher sa mère et on est allés à Maredsous à quatre avant de repasser chez mon père, histoire d'être bien sûr d'avoir assez bu. Je ne suis pas certain d'avoir fait une impression d'enfer mais j'avais tout de même la sensation de passer un bon moment. Jusqu'à ce que son humeur change... je ne suis pas un saint mais elle n'est pas toujours très tolérante!

Je suis un peu en stress à mon boulot, malgré une super évaluation par mon Directeur. Je me surcharge de travail, je prends tout très à cœur et j'ai parfois l'impression de pédaler dans le sable. Grosse réunion annuelle à préparer, des projets de communication pour deux événements, un salon à Paris sur lequel je pourrais me retrouver en 2016, un petit changement de lieu de travail à mi-temps qui me permettrait de mieux gagner ma vie... Et puis Louise, ma future nièce, qui se fait attendre depuis une semaine. Je n'avais pris aucune réunion à l'extérieur, mon frère m'avait demandé de rester près de mon gsm, même la nuit et... finalement, je crois que je n'aurai aucun rôle à jouer, même pas pour ma filleule. Je rêvais de lui présenter sa petite sœur en premier, de m'occuper d'elle pendant la nuit que mon frère passerait à l'hôpital, ce qui aurait probablement été un de nos plus gros moments privilégiés pour un bout de temps... mais je pense maintenant que je vais devoir faire une croix dessus et je suis très déçu. Et mon frère qui me dit encore après ça "on aura sûrement besoin de toi"... tu parles. Rester pendu au clou et en état d'alerte pour... rien, au final. J'aurais tout aussi bien pu m'en foutre et me pointer à la maternité après ma journée de boulot, ce qui sera probablement le cas en fin de compte. Comme je n'avais aucune nouvelle, j'ai accepté une réunion demain matin dans le courant de la journée. Et mon frère, en fin d'après-midi, qui se réveille et me demande si... je ne peux pas garder Élise pendant qu'elle dort entre 6 et 8h, entre le moment où il va conduire Del à l'hôpital et avant qu'il n'aille conduire ma filleule à l'école,car je n'ai visiblement pas le droit d'aller la conduire moi-même. Il aurait aussi bien aimé que je puisse être là pour réceptionner un lit, chez lui, dans la matinée. Il se fout de ma gueule... non? Bref, je suis dégoûté, après avoir été sous tension. Mais j'essaie que tout cela n'influence pas notre histoire. Elle ne veut pas foirer non plus "comme elle l'a déjà fait", apparemment, mais il semblerait qu'elle éprouve plus de difficultés à laisser ses problèmes en-dehors de la maison, il faut dire à sa décharge que je ne serais pas au top de ma forme, mentalement parlant, non plus. Elle ne veut plus se faire avoir, non plus. Peut-être qu'elle a encore peur que "je l'abandonne"... et donc, elle préfère fuir jusqu'à ses propres sentiments. Je sens que ça va mieux, depuis quelques jours, notre "connexion". On se lâche peut-être, petit à petit...