Je n'ai à nouveau plus écrit depuis un petit temps parce qu'en fait... Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, hormis une petite crise personnelle et quelques éclats d'humeur de sa part, tout va bien. Oui, j'ai un peu de mal quand je vois mes factures tomber en début de mois car je trouve cela indécent de gagner relativement bien sa vie et d'en être contraint à devoir faire attention au niveau des loisirs et des plaisirs, puisque la vie coûte cher, même juste pour "la base". Alors quand elle me voit me tracasser ou m'entend me plaindre de soucis financiers si mineurs en comparaison de ce qui la tracasse, elle, ça crée des tensions. Il y a aussi eu quelque fois où elle avait ses histoires en tête ou pas eu le temps de passer du stress du boulot au retour au calme avant de franchir la porte mais je pense que je suis relativement compréhensif, à ce niveau-là. Il y a quelques jours, on n'a pas fait l'amour (parce que d'après elle, elle avait trop de choses en tête) pendant à peu près... Trois jours! Ok, ça peut paraître très court comme délai mais mine de rien, on est plus réguliers que ça. Elle a même fini par le faire "pour me faire plaisir", ce qui a eu le mérite de me faire plaisir sur le coup, évidemment. Mais je préfère, de loin, quand elle en a envie aussi... et puis on parle vraiment de détails, là, d'autant qu'hier ça s'est vraiment très bien passé du côté intime.
En-dehors de ça, je pense vraiment que tout va bien. Je rentre parfois tard pour le boulot et je suis allé voir un concert à Anvers avec mon frère pour son anniversaire, mais elle comprend aussi. Je lui manque un peu, parfois, car elle s'est habituée à ma présence ou à mes attentions presque permanentes et donc le moindre éloignement se ressent.
Je me suis même mis à faire des biscuits depuis un petit mois et j'ai enfin lancé cette petite affaire: j'ai vendu mes premières boîtes ce week-end. Je sens son soutien et ça fait plaisir d'avoir à ses côtés quelqu'un qui croit en soi! De sentir qu'on reçoit aussi, comme on donne. À part ça, il y a bien quelques taquineries sur mes poignées d'amour ou mes cheveux qui s'absentent mais bon... globalement, nos caractères forts s'accordent plutôt pas mal. Puis, je n'ai plus fumé de saletés depuis un bon mois maintenant et même si je dors évidemment moins bien qu'avant, je ne suis pas spécialement nerveux, j'ai pris quelques comprimés de passiflore et même si je ne peux pas dire que je n'y pense plus, je ne craque pas. Je suppose que ça l'aide à me faire confiance et à me dire des choses comme "Je t'aime de plus en plus".
Il y a juste un truc qui m'a un peu trottiné. Elle est allée à la visite médicale et visiblement, elle s'est bien amusée avec le médecin qu'elle voyait pour la première fois. "On n'arrêtait pas de se chercher", m'a-t-elle dit. J'ai très moyennement apprécié, ma nature jalouse et peu sûre d'elle a vite refait surface. Je lui ai même balancé, une fois ou deux. Hier, elle triait ses mails et elle avait d'ailleurs reçu des exercices pour le dos qu'il lui avait envoyé. Son adresse mail, son téléphone. Hum... je n'ai pas dit grand' chose, mais je pense que ça continuait de me trotter. J'en ai d'ailleurs eu la confirmation vers 4h30, quand je me suis réveillé après ce que l'on pouvait qualifier de "mauvais rêve". Ça avait l'air tellement réaliste et je m'en souvenais parfaitement, pour une fois.
Je me suis levé discrètement pour aller à la toilette et fumer une cigarette. Puis une deuxième. Ça me prenait clairement la tête et me poussait à me torturer tout seul. Elle s'est réveillée quand je suis remonté mais je n'ai pas tenu à lui en parler, je ne voulais pas créer de débat à cette heure-là alors qu'on devait se lever le lendemain. Je l'ai juste serrée contre moi et je lui ai glissé que je l'aimais fort et qu'elle ne devait jamais me faire de mal. Trop de mauvaises expériences à ce niveau-là, d'autres rêves de ce style à une autre époque, d'autres histoires qui avaient fini par se dérouler comme je le craignais. Peut-être même que c'était parce que je les avais évoquées qu'elles étaient arrivées, comme on avait essayé de m'en persuader (même si j'ai toujours fini par réaliser que c'étaient simplement des connasses qui voulaient se donner le beau rôle)... "L'auto-accomplissement de la tragédie". J'ai eu du mal à me rendormir et quelques larmes ont même coulé. Est-ce que je dois le garder pour moi? Est-ce que je devrais lui dire pour qu'elle me rassure? Est-ce qu'il serait raisonnable de la croire?
En fait, voici de quoi j'ai rêvé. La situation était exactement telle qu'elle était maintenant. Elle répondait gentiment par un petit "Merci" au mail contenant les exercices et le mec, fort de son complexe de supériorité du médecin et partant avec le rôle facile de challenger pour un combat "perdu d'avance" puisqu'elle est en couple, la cherchait sur FB sur base de son adresse mail. Il l'ajoutait, elle l'acceptait... il mettait des petits commentaires. Ils se parlaient un peu, se plaisaient visiblement l'un l'autre... Je lui demandais si elle le trouvait beau et elle n'osait pas me répondre, me confirmant donc ce que je redoutais. Moi, de mon côté, je recommençais à fumer des saletés, en cachette. Bref, on n'était pas très honnêtes l'un envers l'autre. Et ça finissait par éclater en une grosse dispute... Et bien entendu, à la fin, je m'en voulais d'avoir, selon moi, provoqué tout cela, par ma jalousie et par le fait que je n'avais pas tenu ma parole.
Ça semblait tellement vrai, les parallèles sont si simples à faire avec d'autres histoires que j'ai pu vivre. Sans savoir de quoi il retournait, elle m'a dit que ce n'était qu'une rêve et que je devais le sortir de ma tête. Et peut-être que je ne devrais même pas lui en parler mais j'ai cette sale manie de vouloir tout partager et d'avoir besoin d'être rassuré. Qu'elle me dise que ça n'arrivera pas. Même si on m'a déjà menti en prononçant ces mots-là... En tout cas, il serait grand temps que j'aie confiance en moi. Mais peut-être qu'il serait réellement raisonnable d'avoir envie de la croire et de lui faire confiance parce que... peut-être que celle à qui je ferai confiance malgré mes appréhensions et qui ne la trahira pas sera sans doute tout simplement "la bonne". Pas la "bonne baiseuse" mais celle avec qui je passerai ma vie, celle qui sera la mère de mon ou des mes enfants, celle que je n'aurai, moi non plus, jamais envie de décevoir, celle à qui je ne voudrai jamais faire de mal. On en est sans doute à ce point, du moins en ce qui me concerne, où on ne peut plus rien calculer et où il faut s'engager sans le moindre plan de secours. Offrir pleinement son cœur parce que, même si c'est prendre le (gros) risque de souffrir (encore), c'est aussi la seule manière de pouvoir un jour vivre tout ce que je veux vivre, de la façon dont je rêve de le vivre. Pas forcément parfaitement mais vraiment, pleinement et entièrement. Et parce qu'elle est la seule avec qui je veux vivre ça... Peut-être était-ce pour me rappeler que rien n'est acquis mais qu'il faut y croire de toutes façons. Que c'est sans doute une folie mais que si je ne la fais pas, je prends surtout le risque de le regretter. Et pour me dire que je tiens à elle et à nous à ce point-là...