On a encore dormi loin l'un de l'autre, hier soir. Pourtant, la soirée ne s'est pas trop mal passée malgré le fait que je sois un peu trop grossier à son goût. Elle a eu l'air d'apprécier le repas que ma mère avait fait, les conversations étaient plaisantes. Dans la voiture, elle a d'abord dit "je vais encore passer une bonne nuit", mais je n'avais pas voulu comprendre... et j'ai donc été un tout petit peu surpris qu'elle me demande si ce n'était pas grave si elle dormait encore seule cette nuit. Ça m'a un tout petit peu déçu, ça m'a énervé juste un rien... j'ai peut-être surtout peur qu'elle se détache. Qu'elle m'abandonne. Comme une peur primaire, c'est bizarre que ce soit aussi conscient. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire et elle m'a rassuré directement en me disant qu'elle ne m'abandonnait pas pour autant. Elle m'a encore dit qu'elle m'aimait quand elle est rentrée et ce matin qu'on n'avait "pas besoin de dormir ensemble toutes les nuits pour savoir qu'on était bien, tous les deux". Je crois que ça me déstabilise un petit peu, cette espèce de stabilité au sein d'un lien fort. D'avoir l'impression d'avoir obtenu ce que je voulais, ou du moins d'avoir toutes les cartes en mains. J'ai un peu de mal à y croire. C'est trop simple, trop naturel. Presque trop beau pour être vrai... Je me demande parfois si j'ai été déçu dans mes espoirs trop souvent ou si je l'ai, en fait, été une bonne fois pour toutes, que depuis ça me faisait peur et que j'avais toujours fini par tout gâcher à cause de ces angoisses. D'un besoin constant d'être rassuré. D'un autre côté, c'est différent, entre nous... comme un bon pressentiment. Comme si trois mots de sa part suffisaient à faire s'envoler ces angoisses. J'espère quand même qu'elles s'en iront définitivement, un jour... et que ce jour viendra avant qu'elle ne soit lassée de me rassurer. Je n'en demande peut-être pas tellement, je ne me rends pas compte. Je sais juste que ça a déjà été "trop", parfois. La différence, c'est peut-être tout simplement qu'elle n'a encore jamais remis en cause notre relation, que je n'ai jamais même ressenti un véritable doute sur nous depuis un moment, même si ça ne fait toujours pas deux mois que l'on est ensemble. Elle a même écrit un tout petit mot sur mon mur... je commence vraiment à penser à me mettre "en couple" sur Facebook. Ça peut paraître stupide, je sais. Comme si c'était un objectif en soi, comme si personne ne la convoiterait plus ou comme si quoi que ce soit allait être acquis... pourtant, je m'en fous un peu, en fait, et je sais très bien que rien n'est jamais acquis et qu'aucun symbole n'a jamais rien empêché, non plus. Bien sûr, le plus important c'est qu'on le sache, nous. Qu'on sente l'attachement sincère de l'autre et qu'au-delà de ça, rien n'est censé nous séparer. Tant qu'on parle et qu'on se comprend... Et que quand on lui demande si elle est accompagnée, elle réponde "oui"... comme c'est arrivé au mariage de son ami. Ça me fait sourire de penser à ce moment et à ce jour-là (même si je me demandais bien qui lui avait demandé ça!)... notamment parce qu'on avait déjà dansé ensemble mais pas devant tout le monde! C'était drôle. Je me demande ce qu'on donnera à la salsa... Ce sont des petits détails. Mais il n'y a peut-être pas que le diable qui est dans les détails... je pense que le bonheur aussi est fait de petites joies aussi simples que ça. Aussi banales qu'un sourire ou un baiser. Aussi pures qu'une lueur dans un regard ou une caresse du bout des doigts. "Va tutto bene dal momento che ci sei adesso tu...". Tout va bien depuis que tu es là, maintenant. C'est vraiment ça! J'ai hâte d'être près d'elle, de la regarder avec un sourire en coin, de la serrer contre moi en lui murmurant quelques douceurs et de ressentir tout ça, pleinement. Hâte que cette bête journée de grisaille, de pluie, de vent et de boulot passe, de lire sur mon gsm que son problème de canalisations est résolu, d'avoir un petit sourire en roulant vers chez elle, de sentir un rayon se soleil même invisible se faire insistant sur mon visage et dans mon esprit... j'ai l'impression qu'elle me donne de la force et du courage. Il faudra bientôt que je l'utilise pour améliorer certaines petites choses, en moi... devenir encore meilleur, pour moi et pour nous offrir encore de meilleures possibilités d'avenir. Que ce soit au niveau de mes angoisses ou de petits enfantillages qu'il conviendrait de cesser. On peut penser au fait de fumer... ou au fait que quand elle souhaite dormir loin de moi, je ne la fasse pas culpabiliser le moins du monde, mais je sourie d'avance en me disant que je vais lui manquer et que ce sera encore meilleur (si c'est possible) de la revoir. Surtout que, même si on n'a pas dormi ensemble les deux dernières nuits, on s'est quand même vus les deux jours... on ne passe vraiment plus un jour sans l'autre. C'est déjà vraiment pas si mal...