Pour mon boulot, je m'étais vu confier pour mission d'aller m'occuper d'un stand à Paris. Outre le fait que ce soit plus chouette que d'aller au bureau, le transport et le logement étaient payés et je bénéficiais d'une enveloppe journalière... Que je n'étais pas obligé de dépenser sur place et que je pouvais donc mettre de côté.
La séparation fut un peu difficile pour deux grandes personnes comme nous! Elle m'a fait un gros câlin avant d'aller travailler et j'ai failli pleurer avant de partir. Je lui avais mis plein de petits mots dans la maison, on s'est envoyés plein de sms pendant mon trajet. À peine arrivé, j'ai repéré quelques petites babioles à acheter en souvenir.
Je lui ai téléphoné régulièrement, je lui envoyais des messages tous les matins, dans le RER. Chaque jour, j'ai repris le thé et le café lyophilisé que j'avais à l'hôtel. J'ai ramassé ce que je pouvais sur le salon en petits gadgets, je me suis même débrouillé pour gagner une paire de RayBan pour elle. Je lui ai acheté une bouteille de vin... Bref, je n'ai pas arrêté de penser à elle.
Pourtant, j'avais l'impression qu'elle était un peu... "Jalouse". Elle n'avait pas l'air contente pour moi que je puisse vivre cette chouette expérience, c'est comme si je l'avais abandonnée pour aller prendre du bon temps.
L'avant-dernier jour du salon, c'était une "nocturne". Je suis rentré tard, j'étais crevé. J'ai à peine eu le temps de passer dans ma chambre pour changer de chaussures, de lui envoyer un message et je redescendais avec un exposant qui logeait au même endroit que moi pour rejoindre les autres avant d'aller au restaurant. Visiblement, elle a essayé de me téléphoner pendant que je marchais et je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite. Quand je l'ai rappelée, elle n'était pas très contente, c'est le moins que l'on puisse dire. Elle m'a demandé s'il y avait des femmes et je ne lui ai pas menti. Elle m'a dit que c'était fini entre nous, que quand je rentrerais, je trouverais mes affaires dans des sacs. Qu'elle ne voulait plus voir ma tête et que je m'engraissais. Puis, elle m'a raccroché au nez. J'étais avec les autres, devant le restaurant. Je suis entré pour m'asseoir mais je ne décrochais pas les yeux de mon téléphone. Je sentais que je n'allais pas passer une bonne soirée, ni être très agréable. Je suis sorti pour tenter de la rappeler mais sans succès. J'ai alors récupéré la veste, je me suis excusé et je suis rentré à l'hôtel sans manger, tout en échangeant des messages avec elle. Force était de constater que ça ne se calmait pas!
Arrivé à l'hôtel, j'ai commandé un grand whisky et je suis allé dans le patio pour y fumer tranquillement. Mon gsm n'avait plus de batterie et je l'ai donc mis à recharger dans ma chambre. Je me sentais seul et au bout du monde. Quand je suis remonté, mon téléphone sonnait, elle essayait de m'appeler. Nous sommes restés plus d'une heure au téléphone à nous expliquer, ça m'a épuisé mais je n'aurais pas su dormir. Je suis donc redescendu boire un verre et je me suis couché à plus d'une heure du matin.
Le dernier jour m'a semblé long et pénible. J'étais le seul de l'équipe à être resté pour le démontage du stand. J'ai erré dans le quartier du Luxembourg, j'ai pris des photos dans le parc. Je découvrais enfin cet endroit charmant à la lumière du jour, alors que je n'avais fait que le traverser le soir. Pourtant, j'avais juste envie de rentrer et de la retrouver... Je pensais juste au moment où je reviendrais à Paris, avec elle. Heureusement, les retrouvailles se sont bien passées...