Tout s'est plutôt bien passé, sur un rythme tranquille, pendant un moment. Jusqu'à ce weekend où la tension est apparue pour pour finir par culminer ce mardi midi. Le samedi, déjà, on s'était dit qu'on irait faire un tour au Parc derrière chez sa maman, autant dire au bout de ma rue. Mais elle ne m'a jamais rejoint. J'étais avec des amis et elle aurait pu se joindre à nous mais elle avait besoin de rester seule et j'ai peut-être eu un peu de mal à le comprendre, la bière forte n'aidant pas, sinon à rédiger des sms en serbo-croate. Nous ne nous sommes donc plus vus depuis le samedi matin quand on se retrouve le dimanche après-midi. Elle ne parle pas beaucoup et mes questions semblent l'ennuyer, elle pense à rentrer, elle hésite sur de petites choses, change d'avis pour aller souper chez ma mère, par exemple... Elle semble loin. Depuis la veille, d'ailleurs et je me demandais doucement si c'était par rapport à moi. Et je décide de creuser la question. Mais elle n'avait pas envie de se justifier, de me parler de ses pensées, de ses besoins d'être seule. Peut-être peur de partager certaines choses, certainement pas envie d'être jugée. Peur de faire confiance et d'être trahie aussi? Est-ce que j'aimerais qu'on puisse partager et échanger sur trop de choses? Est-ce que le côté fusionnel de notre relation lui fait peur et qu'elle veut garder une certaine distance? Pas habituée, peut-être? Elle finit par me parler de son père et il n'a pas fallu longtemps pour qu'elle veuille rentrer. Tout ce que je pouvais dire était mal pris et ce n'était que de pire en pire. Elle ne voulait plus être près de moi, juste que je la ramène à sa voiture. Je suis sans doute maladroit même si je suis bien intentionné. Je pense que la confiance est la base de une relation solide et je voulais juste essayer de l'aider à se sentir mieux, à espacer peut-être ses blues ou même les rendre positifs. Mais elle n'a peut-être pas besoin de moi et sûrement pas envie apparemment, en tout cas. Mais finalement, on ne s'est pas quittés avant le lendemain matin. Les choses se sont apaisées d'elles-mêmes et un peu plus, je pense que ça nous a rapprochés.
Le lundi, au boulot, en entendant une réflexion lors d'un bref passage dans la cuisine, je me suis dit que mon ex me prenait vraiment pour un con et m'aura menti ou dit de belles paroles jusqu'au bout. La reine des faux-cul, voilà à cause de qui j'avais perdu du temps, de l'énergie pendant trop longtemps et pour rien. Sinon avoir le sentiment que ce n'est plus la même chose avec le reste des collègues du bureau. Ça m'a un peu énervé sur le coup et... J'ai peut-être mal fait de croire que je pouvais partager ça avec elle. Pour moi, c'est si clair. Il n'y a pas de doute. Mais elle n'est pas dans ma tête... Elle a insisté pour savoir d'ailleurs ce qui m'avait occasionné un petite baisse de moral. Ça a eu l'air de la vexer. Elle s'est détournée de moi. J'étais tellement mal, j'avais tellement peur qu'elle me laisse. C'est ma source de bonheur, quand je la vois, quand je la prends dans les bras, quand je sens notre connexion, quand on s'embrasse, alors je sais pourquoi je suis là. J'avais envie de ressentir ça plutôt que d'avoir été utilisé et ... J'ai eu l'impression qu'elle a commencé à faire des amalgames, croire que je compensais avec elle. Pour moi, c'était si clair que mon ex ne pourrait plus jamais avoir d'influence négative sur moi que j'ai publié une citation sur Facebook. Mal interprétée, cela va de soi... Un jeu dangereux, cette saleté. Elle a pensé que je voulais me faire passer pour une victime, a parlé de me faire souffrir, de mettre un peu de distance. J'ai pensé très fort que si j'avais voulu me faire passer pour une victime, j'aurais fait un selfie dans ma voiture avec la tête de chien battu que je devais avoir. J'étais décomposé. Parce que j'ai encore eu plus peur de la perdre à ce moment-là. La fragilité d'une relation était palpable. Mine de rien, même si cela ne fait que deux mois et demi je suis fort attaché à elle. Je n'avais plus spécialement envie d'envisager une vie à deux, pour pouvoir avancer. Je m'étais résolu à penser tout seul mais depuis quelques temps, quand je vois une maison, je m'imagine avec elle. Quand je pense à mon hypothétique futur enfant, c'est elle que je vois comme maman. Je n'avais aucune envie de perdre tout ça, tout ce qu'elle m'apportait et que personne ne m'avait jamais donné de manière réciproque. La sensation d'être accepté et aimé comme on est. En plus de l'envie de construire quelque chose de joli ensemble. Peut-être même partir un peu plus loin. Et je n'avais aucune envie d'oublier ces rêves que je fais pour nous deux pour une chose si insignifiante au regard de ce que l'avenir pourrait nous réserver que je n'aurais jamais dû l'évoquer. Alors, j'ai fini par lui dire qu'elle ne devrait pas voir le négatif mais plutôt se dire qu'elle pouvait me faire confiance parce que je lui disais tout... Et par l'affliger de l'insulte suprême: je l'ai traitée de banane. Elle a répondu que c'était moi, la banane. Et j'ai eu un sourire. Juste avec ces quelques mots, j'étais déjà apaisé.
Je suis allé voir les Diables Rouges devenir premiers mondiaux au classement FIFA en battant Israël. Ils sont qualifiés pour l'Euro en France, 32 ans après leur dernière qualification pour cette compétition qui avait lieu en.. France, en 1984. Un moment historique à plus d'un titre, donc. Dimitri Vegas & Like Mike sont mêmes venus après le match, il y a eu des feux d'artifice. Et moi, je me disais juste que j'avais froid et que j'avais envie de la retrouver. Elle m'avait envoyé un bisou de réconciliation quand j'étais sur la route du stade. J'avais le cœur tranquille pour y aller. Elle est quand même... Je dirais "attentionnée", pour ça. Elle a même regardé la fin du match alors qu'elle n'aime pas le foot. Je suis rentré tard et j'ai préféré me reposer aujourd'hui car les deux derniers jours de la semaine risquent d'être éprouvants. Je vais peut-être devoir aller dormir chez mon frère après mon match de minifoot pour aller conduire ma filleule à l'école vendredi, si j'ai bien compris. Je vais bientôt aller la retrouver... Enfin. La sentir contre moi. Sentir la connexion. Respirer, enfin.