L'autre jour, j'étais seul chez elle pour réceptionner son nouveau salon. J'avais pris congé comme je pouvais le faire, elle travaillait et j'avais donc sa maison pour moi tout seul, pour la journée. J'avais donc le temps de lui préparer une petite soirée sympa... Et je n'ai pas vraiment arrêté une seconde d'aller dans tous les sens. J'étais déjà allé faire les courses le matin, les gars sont venus livrer le salon dans l'après-midi. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de faire connaissance avec l'autre voisin, pas vraiment charmant et pas très content qu'on se gare devant chez lui! Malgré un manque de tournevis cruciforme flagrant, je parviens finalement à fixer les pieds et à me cogner le front... Pour vérifier qu'ils étaient bien fixés, sans doute. Le verdict était sans appel! Mais je m'en fichais car j'avais encore un tas de choses à faire. J'ai disposé les petites bougies parfumées, mis son peignoir sur le radiateur, commencé à préparer le repas... Et j'ai fermé sa porte à clef.
Quand elle est arrivée, je lui ai demandé de se déshabiller et de bien vouloir enfiler le peignoir pendant que j'allume is les bougies de sa chambre. Je suis revenue la chercher pour l'y emmener et je l'ai massée avec de l'huile et de la musique relaxante pendant que son bain coulait. Ensuite, je l'ai laissée quelques instants, le temps de finaliser la salle de bains. Puis je l'ai invitée à entrer dans l'eau tandis que je terminais de cuisiner. Il n'y avait plus qu'à réchauffer la viande et les haricots, passer les pommes de terre au four et... Que fait cette poêle par terre? A côté du chien qui se lèche les babines... Ne me dis pas que... Si, il a mangé la viande. Merde. Cette soirée était censée être parfaite. J'ai senti la rage monter en moi mais je l'ai maîtrisée, j'ai mis une claque au chien avant de le mettre dehors. J'ai décongelé de la viande en vitesse au microonde, j'ai essayé de la faire cuire dans une petite sauce improvisée. C'était un peu sec, j'étais dégouté.
...et on s'est bêtement disputés. C'est dommage, c'était presque parfait. Elle croyait que j'avais "battu" Kenzo ou quelque chose dans le genre. Elle ne voulait pas écouter ce que j'avais a dire, elle m'a fait de longues litanies pour m'expliquer que son chien avait été là pour elle, qu'il devenait vieux, etc. J'ai dit qu'il était mal éduqué puisqu'il volait et qu'il l'avait toujours fait. Que c'était le moment, pris sur le fait, si on voulait lui "montrer" que ce n'était pas bien. Le ton est monté car elle pensait sans doute que je voulais imposer les vues alors que je voulais simplement justifier ma réaction, comme j'étais tout seul avec lui et que je ne voulais pas la déranger dans sa petite soirée. Pour dire quoi?
Cela fait quelques jours et je ne sais même plus quels ont été les mots échangés par la suite. Je sais qu'on a fini par parler plus calmement et que la situation tendue s'est désamorcée. Nos caractères impulsifs font qu'on explose parfois mais, heureusement, on est assez "raisonnables" dans le sens où, si on monte vite, on retombe très vite aussi et on revient très vite l'un vers l'autre. Ca s'est vérifié plusieurs fois, déjà. C'est juste dommage de ne pas avoir su profiter à fond.